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Auteur/autrice : Patricia Khoder
Des hommes, certains armés jusqu’aux dents, appartenant à diverses factions de rebelles, habitant l’une des plus vieilles villes du monde, sont venus célébrer la fin de 54 ans de dictature, celle de la famille Assad, avec des tirs de joie.
« Je suis très émue. Je ne trouve pas les mots ». « Je suis heureux pour les Syriens et pour nous ». « Justice a enfin été faite ». « J’aurais aimé qu’un tel/une telle soit vivant(e), pour voir ce qu’il se passe ». « Heureusement que je suis encore vivant pour voir ce jour arriver »… C’est ce que des milliers de Libanais répétaient, dès les premières heures de la matinée du 8 décembre, commentant la chute de Bachar el-Assad. Collés à leurs petits écrans, certains regrettaient même ne pas être restés réveillés pour apprendre en direct à l’aube le départ du « boucher de Damas ». Avec 29 ans…
Il aura fallu uniquement une heure en matinée pour arriver du poste frontière libanais de Masnaa jusqu’au cœur de Damas.
Bientôt nous ne seront plus qu’un pays de vieux et de personnes désemparées.
A côté de ma maison, il y a une toute petite inscription répétée sur un grand mur «Nous ne demanderons pas des comptes, nous nous vengerons »
Je traverse en voiture le centre ville de Beyrouth, pour me rendre de chez moi à la plage. J’ai toujours aimé ma vie à Beyrouth. La proximité de la mer, le fait d’aller après le travail et en week-end à la mer, me retrouver au bord de l’eau et au soleil à 10 minutes de chez moi. Aujourd’hui, je pensais à la douceur de ma vie d’avant. A ce bonheur que j’éprouvais dans mon quotidien, rien qu’en me déplaçant en ville. En troquant mes vêtements contre un maillot après une longue journée de travail et à siroter un café au…
Durant de long mois, voir plus de deux ans, après l’explosion du port, il n’y avait pas une soirée, pas un déjeuner pas une rencontre entre amis – qui habitent Beyrouth – sans qu’on parle au moins un peu de l’explosion. De cette journée du 4 août 2020, des endroits toujours détruits, des lieux et des quartiers qu’on ne fréquente plus car ils étaient très proches de l’épicentre, des silos du port. Aujourd’hui, on en parle moins mais la douleur est toujours là, incommensulrable. J’ai grandi avec les silos du port. Construits en 1971, ils ont un an exactement de…
Je sais aussi, comme tous autres habitants de la ville, que nous sommes tous des miraculés.
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