Tous les matins je me lève et je me dis pour me donner courage, que je suis en bonne santé et et que je ne suis pas morte dans l’explosion (de Beyrouth, le 4 août 2020).
Je sais pourtant, comme tous les autres habitants de la ville, que même si j’ai survécu, une partie de moi a été à jamais ensevelie sous les décombres de Beyrouth.
Je sais aussi, comme tous autres habitants de la ville, que nous sommes tous des miraculés.
Quand j’y pense ou quand nous parlons entre nous, nous nous disons que c’est un miracle avec toute la destruction qu’il n’y ai eu que 220 tués et 6500 blessés. Il y a encore, jusqu’à aujourd’hui ceux qui meurent des séquelles de leurs blessures. Il y a eu des personnes qui sont mortes plusieurs mois plus tard, sans jamais se réveiller de leur coma. Je pense aussi aux personnes du troisième âge qui ont été témoins de l’explosion mais qui au court de l’année écoulée suivant l’explosion se sont éteintes sans bruit.
