Ils étaient plusieurs milliers à rendre un dernier hommage au père Pierre el-Raï, curé maronite de la paroisse de Qlayaa, dans le caza de Marjeyoun, tué deux jours plus tôt par une frappe israélienne. Ce raid constituait une riposte à des roquettes tirées par des miliciens du Hezbollah depuis ce village exclusivement chrétien, où la population est restée ancrée, pour mener leurs opérations contre l’État hébreu.






Dans la matinée du 9 mars, des combattants du Hezbollah se sont postés derrière une maison habitée du village pour lancer les roquettes. L’armée israélienne a aussitôt riposté par un raid contre le bâtiment. Cinq de ses habitants ont été blessés.
Le curé du village, le père Pierre Raï, s’est précipité pour porter secours aux victimes, alors que l’armée israélienne continuait de bombarder la source des tirs. Grièvement blessé, il n’a pas tardé à succomber.
Les funérailles se sont déroulées en présence notamment du commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, arrivé sur les lieux en hélicoptère. Les habitants des villages chrétiens du Liban-Sud restent attachés à la présence de la troupe, qu’ils considèrent comme leur unique protection face aux Israéliens et aux miliciens du Hezbollah. À l’inverse, le député grec-orthodoxe de la région, Élias Jaradi, a été expulsé par les habitants dès son arrivée à Qlayaa. Ce dernier ne cache pas ses positions en faveur du Hezbollah bien qu’il ait été élu, il y a quatre ans, en tant qu’indépendant.
Les habitants chrétiens de la dizaine de villages frontaliers du Liban-Sud ont décidé de rester ancrés sur leur terre, malgré la guerre entre le Hezbollah et Israël.
Aïn Ebel
« À Aïn Ebel, dans le caza de Bint Jbeil, 400 familles restent sur place », souligne Bachir Diab, originaire de la localité. « Malgré le danger et le bombardement quotidien des villages et des routes, des habitants originaires du village font chaque jour le trajet depuis Beyrouth pour apporter des vivres à ceux qui sont restés sur place », dit-il.
Jointe au téléphone par Beyrouth 360, Ghenwa Farah, une habitante de Aïn Ebel, affirme : « Nous resterons sur place coûte que coûte. Ce n’est pas facile, mais nous sommes soutenus par de nombreuses ONG qui nous envoient des vivres. Nous devons équipé un abri, au cas où nous en aurions besoin. Les bombardements sont très intenses autour de nous, notamment à Yaroun et Maroun el-Ras. »
L’armée israélienne effectue par intermittence des incursions dans ces deux villages chiites où se trouvent des miliciens du Hezbollah.
Seuls les habitants de Alma el-Chaab, localité chrétienne du caza de Tyr, ont été obligés, de quitter leur village, le mardi 10 mars. Alma el-Chaab est située à proximité de la colline de Labouné, qui surplombe la Galilée et d’où l’on peut voir Haïfa par temps clair. Cette colline est aux mains du Hezbollah. Quelques jours après le début de la guerre, les habitants de Alma el-Chaab avaient ignoré les injonctions de l’armée israélienne à évacuer, se réfugiant dans l’église. Le mardi 10 mars, ils étaient 83 personnes à quitter le village, escortées par un convoi du contingent italien de la Finul. Elles sont désormais logées chez des proches à Beyrouth

