L’Agence Française de Développement (AFD) vient d’approuver une contribution exceptionnelle de 17 millions d’euros pour le Liban.
La ministre déléguée française chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, Éléonore Caroit, clôture samedi une visite de trois jours au Liban.
Mme Caroit est accompagnée de Jenny Chapman, ministre d’État britannique chargée du Développement international et de l’Afrique, et de Mariam al-Misnad, ministre d’État qatarie chargée de la Coopération internationale.
Lors d’un entretien avec la presse, dont Beyrouth 360, à la Résidence des Pins, en présence de l’ambassadeur de France au Liban, Hervé Magro, elle a tenu à souligner l’engagement de son pays envers le Liban, notant que « l’Agence française de développement (AFD) vient d’approuver une contribution exceptionnelle de 17 millions d’euros, alors que nous traversons une période de contraintes budgétaires extrêmement fortes en France ». « Le Liban reste une priorité. Nous discutons également de 75 millions d’euros supplémentaires. Nous contribuons directement dans de nombreux aspects et dans de nombreux secteurs. Il est fondamental pour nous de soutenir le Liban », a déclaré Mme Caroit, souhaitant que « les priorités identifiées par le gouvernement libanais puissent faire l’objet de cet investissement dans le développement et l’humanitaire ».
Qualifiant son déplacement au Liban « d’extrêmement riche » et réitérant son soutien « surtout aux institutions libanaises, au gouvernement libanais et à la souveraineté du Liban », elle a déclaré : « Je pense avoir pu faire passer des messages importants, notamment de soutien, de solidarité, mais au-delà de cela, d’engagement de la France pour que la voix et les intérêts du Liban soient entendus dans les négociations en cours. »

Interrogée sur les raisons qui l’ont conduite à effectuer une visite conjointe avec les ministres du Royaume-Uni et du Qatar, plutôt que d’autres pays ou encore avec un groupe élargi comprenant notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ainsi que d’autres pays européens, Mme Caroit a indiqué qu’un « déplacement de trois ministres en même temps dans un pays en guerre est extrêmement difficile à organiser ». « Il fallait aussi que j’entreprenne ce voyage avec des ministres avec lesquels j’entretiens déjà une relation. Je connais ces ministres et nos équipes se connaissent », a-t-elle ajouté.
« Dans ce voyage, je représente un pays membre de l’Union européenne, Mme Chapman représente le Royaume-Uni qui n’est plus membre de l’UE, mais qui reste un pays important, engagé au Moyen-Orient et membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. Il est aussi important d’avoir Mme Misnad avec nous, car il est intéressant d’inclure une ministre du Golfe, de la région. Elle représente également l’un des pays engagés dans les négociations », a-t-elle expliqué.
« La France et la Grande-Bretagne se sont positionnées très tôt, dès le début du conflit au sein d’une coalition multinationale pour justement aider le retour de la navigation dans le détroit d’Ormuz. La Grande-Bretagne s’intéresse à ce qui se passe au Moyen-Orient. Et le Qatar joue un rôle important dans la résolution de la crise et s’investit fortement dans le développement », a-t-elle ajouté.
Coordination de l’aide internationale
À la question de savoir quel rôle compte jouer exactement la France alors que les États-Unis exercent une mainmise de plus en plus importante sur la région et que le pays du Cèdre s’embourbe dans le conflit, Mme Caroit a estimé que « dans l’immédiat, la France œuvre à coordonner l’action des organisations internationales, à identifier des projets, à répondre aux priorités du gouvernement libanais et à s’assurer de la coordination de l’aide humanitaire ». « Nous travaillons en fait à trois niveaux : le niveau humanitaire et la réponse d’urgence, le niveau du développement à long terme, de la reconstruction du pays et de ses infrastructures, ainsi que le niveau politique, explique Mme Caroit. Tout cela n’a de sens que si nous parvenons non seulement à un véritable cessez-le-feu, mais surtout à une paix durable au Liban. »
Et d’affirmer : « Nous soutenons le gouvernement libanais, l’État libanais et les institutions libanaises. Nous avons besoin que le Liban puisse être souverain et retrouver son intégrité territoriale. »
Lors de cette visite de trois jours, les trois ministres se sont entretenues notamment avec le président de la République, Joseph Aoun, le chef du Parlement, Nabih Berry, et la ministre des Affaires sociales, Hanine el-Sayed.
Elle se sont également rendues au Lycée français Verdun, à Beyrouth, qui abrite des déplacés, ainsi qu’à Saïda, où elles ont visité une école publique et se sont entretenues avec des délégués de la Croix-Rouge libanaise. Elles se sont également rendues à Byblos, en compagnie du ministre de la Culture Ghsasan Salamé, pour souligner leur attachement au patrimoine et à l’archéologie libanais.
