« Je suis très émue. Je ne trouve pas les mots ». « Je suis heureux pour les Syriens et pour nous ». « Justice a enfin été faite ». « J’aurais aimé qu’un tel/une telle soit vivant(e), pour voir ce qu’il se passe ». « Heureusement que je suis encore vivant pour voir ce jour arriver »… C’est ce que des milliers de Libanais répétaient, dès les premières heures de la matinée du 8 décembre, commentant la chute de Bachar el-Assad. Collés à leurs petits écrans, certains regrettaient même ne pas être restés réveillés pour apprendre en direct à l’aube le départ du « boucher de Damas ».

Avec 29 ans d’occupation armée, entre 1976 et 2005, et 19 ans d’ingérence politique dans les affaires internes du pays entre 2005 et 2024, le Liban aussi – et non seulement la Syrie – a vécu la dictature du clan Assad, au pouvoir depuis 1971.
Partie prenante dans la guerre civile au Liban de 1975 à 1990, le régime syrien a assassiné des dizaines d’hommes politiques et d’intellectuels libanais et jeté des centaines de Libanais dans ses prisons. Hier donc, l’heure était à la célébration dans de nombreuses villes et localités du pays, de Tripoli à Beyrouth, en passant par le Mont-Liban et la Békaa, notamment à Bickfaya fief du parti chrétien Kataëb, à Moukhtara, siège du leader druze Walid Joumblatt, et Achrafieh, quartier de Beyrouth symbole de la résistance chrétienne contre l’armée syrienne. Des convois ont sillonné les rues dès le matin alors qu’à la nuit tombée des feux d’artifice ont éclairé durant de longues minutes les cieux des villes.
