SPECIAL OIF – Née d’une officine tripolitaine en 1936, Pharmaline s’impose aujourd’hui comme un pilier de l’industrie pharmaceutique régionale, portée par l’héritage entrepreneurial des Sarraf et une gouvernance exemplaire. L’entreprise conjugue croissance, innovation et expansion internationale, incarnant un Liban industriel qui continue de résister, de s’adapter et de viser les standards mondiaux.
Malgré la crise économique et financière au Liban, l’industrie pharmaceutique qui était déjà importante avant 2019, a poursuivi son essor.
C’est cette industrie qui était en ligne de mire lors de la mission économique et commerciale de l’OIF tenue le 5 et 6 novembre derniers.

De nombreuses industries pharmaceutiques étaient présentes durant ces deux jours à l’hôtel Gefinor Rotana. Des visites de terrain, dans les usines des plus importantes industries pharmaceutiques étaient en outre prévues.
Dr Carole Abi Karam, présidente du syndicat des industries pharmaceutiques au Liban et directrice générale de Pharmaline a présenté aux visiteurs francophones la compagnie de médicaments qu’elle dirige et le groupe Maila dont elle relève.
Tout a commencé à Tripoli, en 1936, dans une petite pharmacie tenue par le Dr Jean Sarraf et son épouse. La pharmacie Sarraf n’était alors qu’un comptoir du Nord, mais elle portait déjà une vision : allier la rigueur médicale à l’audace entrepreneuriale. Près d’un siècle plus tard, cette vision a enfanté un empire : le Malia Group, conglomérat familial de 21 sociétés, 2 300 employés et 60 marques représentées, dont le joyau industriel reste Pharmaline, fondée en 1987.

Aujourd’hui dirigé par Joanne Sarraf Chehab troisième génération du nom, le groupe s’est hissé au rang des institutions régionales, sans jamais perdre son âme familiale. À ses côtés, son père Jacques Sarraf, président non exécutif et figure majeure de l’industrie libanaise, a présidé BusinessMed Europe et l’Association des industriels du Liban.
Car chez Malia, la transparence et la gouvernance ne sont pas des mots creux. Depuis plus de huit ans, le groupe a séparé les rôles de CEO et de chairman, nommé quatre administrateurs indépendants issus de géants tels que Carrefour, P&G et Deloitte, et mis en place des comités dédiés à l’audit, aux risques et à la conformité. Bientôt, un cinquième membre – une femme, issue d’un autre secteur – viendra renforcer la parité et la diversité, déjà visibles au sein du groupe : 52 % des postes de décision sont occupés par des femmes.
Aujourd’hui, Pharmaline compte 120 produits commercialisés, 30 en développement et couvre 58 classes thérapeutiques : maladies cardiovasculaires, diabète, oncologie, infections chroniques. Les bioéquivalences sont testées dans des laboratoires agréés par les autorités jordaniennes et saoudiennes, et les dossiers cliniques sont rédigés selon les standards CTD internationaux.

L’entreprise, certifiée ISO 14001 et certifiée européenne depuis 2023, a obtenu la médaille EcoVadis Bronze pour sa politique environnementale, visant le niveau Gold d’ici 2026. Son laboratoire de R&D, intégré à ses installations EU certified, pilote la formulation, la validation des procédés et la sérialisation, jusqu’aux exigences des marchés européens et arabes.
Sur le plan commercial, Pharmaline règne en maître : selon IQVIA, elle est numéro 1 au Liban, en valeur et en volume, devant plus de 800 entreprises locales et internationales. L’essentiel de son revenu provient du marché intérieur. Ses exportations vers la Jordanie, Chypre, Malte, le Qatar et l’Arabie saoudite s’intensifient. L’Afrique du Nord et de l’Est – Tunisie, Maroc, Kenya, Soudan – représente la prochaine frontière.
Pharmaline, c’est enfin un modèle social : inclusion des personnes en situation de handicap, égalité salariale, équilibre vie-travail, et une fondation dédiée à l’éducation et à la santé.
De la petite officine tripolitaine aux laboratoires high-tech, l’histoire des Sarraf raconte plus qu’une saga familiale. Elle symbolise un Liban qui persiste à innover, à produire, à rêver grand.
