A Amchit, la cuisine de l’ONG Lebanese Social Responsability (LSR), est une ruche d’abeilles. Tous les jours, des femmes de la communauté venant notamment du caza de Jbeil préparent 8500 repas. Au quotidien, LSR délivre 8000 barquettes de nourritures aux déplacés qui se trouvent dans le caza de Jbeil et d’autres régions du pays, ainsi qu’à 500 familles dans le besoin, originaires de la région.
« Nous avons commencé par du volontariat en 2019, au début de la crise, raconte Monica Lahoud », qui est en charge de la cuisine et fait partie des membres fondateurs de l’ONG. « Le Liban sombrait dans la crise et les Libanais dans la pauvreté. Nous avons remarqué que le Mont-Liban, spécialement les caza de Kesrouan et de Byblos, ne bénéficiaient pas de l’aide internationale comme les autres régions, nous avons donc entrepris un travail de volontariat auprès des plus démunis », dit-elle.
L’idée est venue d’Elie Zeidan qui décide de fonder cette ONG en 2021. « Selon les chiffres disponibles, durant la crise, les régions de Jbeil et de Kesrouan ont profité ont bénéficié uniquement de 2 % de l’aide internationale acheminée au Liban. Il fallait casser les stéréotypes », dit-il.
Il ajoute : « Avec mes amis volontaires ayant déjà travaillé dans domaine humanitaire et auprès d’organisations internationales, nous avons décidé de mettre en place une structure basée sur les normes des ONG internationales. Nous avons également suivi les recommandations des secteurs d’activités établis par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), accordant la priorité aux secteurs de la santé, de l’éducation et de l’alimentation. A l’époque nous étions une trentaine de personnes, tous volontaires. Nous nous réunissions dans les cafés. Actuellement, nous comptons 300 membres. »
Avec la crise qui sévit au Liban et les guerres qui se succèdent, et surtout grâce à la bonne gestion et le savoir-faire de ses membres, LSR grandit, compte 50 employés, ouvre des bureaux à Marjeyoun, Nabatiyé et Tripoli. Son aide touche les déplacés aux quatre coins du pays. Mais l’association reste ancrée dans la région de Byblos, sa raison d’être.
L’année dernière, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a financé, dans le cadre de l’initiative « la francophonie avec elles », le projet Tamkin mis en place par LSF et auquel ont pris part 135 femmes de 9 villages du caza de Jbeil, entre autres Mayfouk, Aanaya, Torzaya.
Opportunités de travail



« Nous avons travaillé avec les femmes pour qu’elles puissent développer des coopératives agricoles féminines », note M. Zeidan. Il explique que durant six mois, de nombreuses formations ont permis de soutenir les participantes et d’améliorer leurs capacités dans les domaines de la production d’aliments traditionnels de terroir, de la tarification et de la comptabilité. « Ces formations permettent aux femmes d’être plus compétitives sur le marché de l’emploi », affirme-t-il. Il ajoute qu’à « travers ce projet, l’OIF nous a ouvert plusieurs portes de collaboration avec des organisations internationales et de nombreux donateurs, une très belle opportunité pour nous ».
Monica Lahoud souligne de son côté que « le projet a bénéficié non seulement aux participantes des formations mais aussi à l’ONG elle-même, qui est devenue de plus en plus ancrée dans le caza de Jbeil, notamment dans les villages reculés de la région ».
Yolla Géara, originaire de Amchit, fait partie des bénéficiaires du projet. Elle travaille aujourd’hui dans la cuisine de la LSR, préparant des plats aux plus démunis.
« La formation a été bénéfique sur tous les plans, que ce soit en ce qui concerne la capacité à tenir des chiffres comptables ou les astuces dans la préparation de la mouné (confitures, sirops et produits alimentaires séchés pour la consommation traditionnelle en hiver) », raconte-t-elle. Cette femme qui élève seule sa fille depuis le décès de son mari, il y a deux ans, note que « les opportunités de travail sont de plus en plus réduites et que les formations aident à trouver de l’emploi ».
