Dans la salle de conférence d’un hôtel de Beyrouth, des jeunes venus des quatre coins du pays s’exercent aux campagnes électorales : Que peut-on communiquer ? Comment doit-on communiquer ? Que dire ? Comment faire pour garder le débat politique au bon niveau ?


Les jeunes, divisés en groupes de travail, s’attellent à la tâche.
Le projet est mis en place par l’ONG Madanyat, initialement fondée pour renforcer la participation des femmes à la vie politique. Elle œuvre dans de nombreux domaines, notamment l’égalité hommes-femmes, la justice politique et sociale, l’art et la culture, ainsi que l’autonomisation des femmes.
Madanyat a bénéficié du soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) dans le cadre du projet Génération Égalité.
Conçu initialement pour préparer les femmes et les jeunes aux élections législatives libanaises de mai 2026, le projet a été légèrement remanié, avec l’ajournement du scrutin, afin d’encourager les bénéficiaires à lutter contre la désinformation.
Les slogans à la suite du travail des jeunes pour mettre en place une campagne dans le cadre du projet Génération Égalité en disent long sur l’esprit de ce projet : « Exprimer son opinion politique est un droit fondamental. Mais pour que ce droit soit respecté, la violence n’a pas sa place dans nos débats. Engageons-nous pour un dialogue respectueux et constructif. » Ou encore : « Dans une période aussi critique au Liban, l’information est une responsabilité. Avant de partager, prenons un instant pour vérifier. La désinformation se propage vite, mais la vigilance nous appartient. »
Lutter contre les fake news
Maroun, âgé de 23 ans et habitant à Hadath (Baabda, Mont-Liban), évoque les moyens de lutter contre les fake news. « C’est un sujet qui m’intéresse beaucoup parce qu’aujourd’hui, il n’y a pas de réglementation des plateformes numériques, c’est donc la responsabilité de chacun d’entre nous, en tant que public, en tant que pays, en tant que gouvernement et en tant que plateforme, de lutter contre ce fléau », dit-il.
Ayant participé à de nombreuses formations, il appelle les jeunes de son âge à faire de même. « Il ne faut pas se contenter des connaissances qu’on nous transmet à l’université. J’invite tout le monde à être impliqué dans des ateliers tels que celui-là, car c’est ainsi que nous pouvons, à la longue, changer les choses », estime-t-il.
Yolita vient de Dekwané (banlieue de Beyrouth). Elle est en deuxième année de psychologie à l’université. Depuis son adolescence, elle a travaillé auprès de plusieurs ONG, en tant que volontaire. Elle rêve de changer le monde.
Cette jeune femme, qui œuvre à s’impliquer de plus en plus dans la vie publique du pays, estime que travailler auprès des ONG et prendre part à des programmes semblables à celui de Madanyat l’aide à atteindre son objectif. « Les thèmes de l’autonomisation des femmes, des campagnes médiatiques électorales et de la lutte contre la désinformation me semblent essentiels », estime-t-elle.
Nada Anid, fondatrice de Madanyat, souligne que le projet est destiné aux femmes et aux jeunes de tout le Liban qui veulent prendre part à la vie publique du pays. « Nous avons voulu notamment former les jeunes et les femmesà l’utilisation des réseaux sociaux dans l’objectif d’élaborer des campagnes électorales, car l’accès aux médias traditionnels reste difficile pour beaucoup de candidats », affirme-t-elle.
Le projet a également mis à la disposition des participants une boîte à outils numérique qui les aide à développer leurs compétences dans ce domaine.
A travers cette initiative, Nada Anid mise sur le développement durable et la pérennité du projet, qui ne s’inscrit pas uniquement dans une durée limitée, mais œuvre à initier et à préserver un changement sociétal.

