




« 20 Years of Freedom » (20 ans de liberté) est le thème d’une exposition de photojournalisme organisée par la Fondation Samir Kassir, SKeyes, en coopération avec l’ambassade de Norvège. Elle se tient à la galerie Art on 56th à Gemmayzé.
L’année 2025 marque le 20ᵉ anniversaire de l’assassinat de Samir Kassir, éditorialiste d’An-Nahar, tué dans sa voiture à Achrafieh alors qu’il venait de sortir de chez lui, le 2 juin 2005.
C’est justement cette phrase, « 20 ans de liberté», qui a été adoptée comme leitmotiv pour toutes les activités entreprises par la Fondation Samir Kassir cette année.
L’exposition rassemble huit photographes de presse : Hussein Baydoun, Tamara Saadé, Hasan Shaaban, Jamal Saïdi, Marwan Tahtah, Carmen Yahchouci, Mohammad Yassine et Rabih Yassine.

Elle retrace vingt ans de lutte pour la liberté d’expression et de la presse au Liban, depuis les manifestations de 2005 appelant au retrait de l’armée syrienne et dénonçant les assassinats d’hommes politiques et d’intellectuels – dont Samir Kassir – jusqu’à la guerre entre Israël et le Hezbollah à l’automne dernier.
Tamara Saadé, photographe freelance, dont deux photos sont exposées, a souligné que c’est un honneur pour elle que ses clichés aient été sélectionnés par SKeyes pour cette exposition.
Mohammad Yassine, de L’Orient-Le Jour, a quant à lui mis en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés les photographes de presse sur le terrain, notant que cette exposition leur rend hommage.
Hussein Baydoun, qui travaille actuellement pour al-Araby al-Jadid, a, pour sa part, dénoncé la marginalisation des photographes de presse, qui n’ont souvent plus accès à leurs archives et à leurs photos, celles-ci étant détenues par les entreprises pour lesquelles ils ont travaillé.
Pour Ayman Mhanna, directeur exécutif de SKeyes, cette exposition s’inscrit naturellement dans le cadre des activités de la Fondation visant à défendre la liberté d’expression. Les photographes de presse ont documenté la lutte pour la liberté au Liban. Ce sont les témoins de l’actualité, et c’est grâce à eux que ces moments ont pu être immortalisés.
« Ces photographes et le travail qu’ils ont accompli sont souvent négligés », a-t-il poursuivi, ajoutant que cette exposition vient rappeler l’apport essentiel qu’ils ont dans la couverture de l’information.
L’exposition vise à soutenir le travail des photographes de presse, à l’instar de Soora, un site web lancé il y a quelques mois par SKeyes, qui permet aux photojournalistes de vendre directement leurs œuvres à des particuliers, sans passer par des intermédiaires.
