Un siècle après son adoption, la loi libanaise sur la nationalité continue d’exclure les femmes de droits fondamentaux. À l’ESA, un panel a relancé le débat sur le droit des mères libanaises à transmettre leur nationalité à leurs enfants.
Au Liban, la loi sur la nationalité, adoptée en 1925 et jamais amendée, continue de consacrer une discrimination majeure : seules les hommes peuvent transmettre leur nationalité, y compris à leurs épouses, tandis que les femmes en sont privées. Le Liban figure ainsi parmi les 24 pays qui ne reconnaissent pas aux femmes le droit de transmettre leur nationalité à leurs enfants.
À l’occasion du centenaire de cette loi, la banque BEMO et l’ambassade de Belgique au Liban ont organisé, à l’École supérieure des affaires (ESA), un panel intitulé « Ses enfants sont les enfants du Liban », consacré au droit des mères libanaises à transmettre leur nationalité.
L’événement a réuni l’ambassadeur de Belgique, Arnout Pauwels, le PDG de la banque BEMO, Riad Obegi, Karima Chebbo, présidente de la campagne Ma nationalité est mon droit et celui de ma famille, ainsi que Brigitte Chelebian, fondatrice et directrice de Justice sans frontières. Le débat a été animé par Joëlle Abou Farhat, cofondatrice et présidente de l’initiative Fifty-Fifty.
Un film de Carole Mansour, consacré au droit — toujours non acquis — des mères de transmettre la nationalité à leurs enfants, a ouvert les échanges.
Dans son intervention, Riad Obegi a rappelé que priver une mère de ce droit constitue « un exil silencieux » et une perte injustifiable pour le pays. L’ambassadeur Pauwels a, quant à lui, souligné que ce droit relève de la dignité humaine et des engagements internationaux du Liban, notamment la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), évoquant l’exemple de la Belgique, qui a réformé sa législation en 1984.
Karima Chebbo a mis en lumière la réalité quotidienne de milliers de femmes et d’enfants concernés, tandis que Brigitte Chelebian a dénoncé la contradiction entre la loi libanaise et les conventions internationales, qualifiant la réforme d’« impératif juridique et moral ». En conclusion, Joëlle Abou Farhat a appelé à un débat courageux afin de parvenir à une solution garantissant l’égalité pour tous.
