À Beyrouth, la crise du déplacement interne continue de s’aggraver, poussant des centaines de milliers de familles à chercher refuge dans des centres collectifs. Dans ce contexte, une délégation officielle sud-coréenne s’est rendue, mardi 29 avril, dans l’un de ces abris, aux côtés des autorités libanaises et du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

L’ambassadeur de la République de Corée, Geon Gyusuk, accompagné de la ministre libanaise des Affaires sociales, Haneen Sayed, a visité un centre d’hébergement installé dans une école de la capitale, où près de 500 déplacés internes sont actuellement accueillis.
Sur place, la délégation a rencontré des familles ayant fui les zones touchées par les violences et les ordres d’évacuation. Beaucoup racontent des départs précipités, en pleine nuit, avec peu de biens, laissant derrière elles logements, emplois et repères. Toutes évoquent une incertitude persistante quant à un éventuel retour.
Depuis la reprise des hostilités début mars, près d’un million de personnes ont été déplacées à travers le pays. Les centres collectifs, souvent improvisés dans des écoles ou des bâtiments publics, sont devenus un refuge indispensable pour les familles sans alternative.

La visite a également permis de mettre en lumière le soutien apporté par Séoul à la réponse humanitaire. Grâce à ce financement, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés distribue des aides d’urgence — matelas, couvertures, kits d’hygiène — et participe à l’amélioration des conditions de vie dans les abris, notamment à travers des travaux de réhabilitation, l’installation de cloisons pour préserver l’intimité et l’amélioration des infrastructures sanitaires.
« Derrière chaque chiffre, il y a une famille qui a perdu sécurité et stabilité », a rappelé la ministre Haneen Sayed, soulignant la mobilisation des autorités libanaises pour coordonner la réponse d’urgence et garantir un accompagnement digne des déplacés.
Même constat du côté du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Sa représentante au Liban, Karolina Lindholm Billing, insiste sur l’importance de ces contributions internationales dans un contexte marqué par une forte pression humanitaire : elles permettent à la fois de répondre aux besoins immédiats et d’améliorer, autant que possible, le quotidien des familles déplacées.
Pour l’ambassadeur Geon Gyusuk, ce soutien s’inscrit dans une volonté plus large : « La République de Corée se tient aux côtés du Liban et de son peuple, contraint de fuir pour protéger ses familles », a-t-il déclaré, évoquant un engagement fondé sur la solidarité et l’empathie.
Malgré ces efforts, la situation reste critique. L’insécurité persistante, les destructions d’infrastructures et les difficultés d’accès empêchent encore de nombreuses familles de regagner leur domicile. Dans ce contexte, leur dépendance à l’aide humanitaire se prolonge.
Face à une crise qui s’inscrit dans la durée, les acteurs humanitaires appellent à un renforcement du soutien international. Car au-delà de l’urgence, c’est la capacité à garantir des conditions de vie dignes et un retour sécurisé qui demeure aujourd’hui en jeu.
