L’Organisation internationale de la Francophonie renforce son engagement culturel au Liban, misant sur le cinéma et les espaces de lecture comme vecteurs de dialogue et de cohésion sociale.
Dans un Liban fragilisé par les crises successives, la culture s’impose comme un terrain de résistance et de rassemblement. L’OIF déploie un programme ambitieux articulé autour de deux axes : le soutien au cinéma — notamment celui porté par les femmes et les jeunes — et la réhabilitation des Centres de lecture et d’animation culturelle (CLAC) dans les régions périphériques du pays.
Le cinéma libanais à l’honneur
Trois événements majeurs bénéficient de l’appui de l’OIF ce printemps :
« Do You Love Me » de Lana Daher, documentaire présenté à Venise et Marrakech en 2025, entame sa tournée française à partir du 29 avril. Le film assemble plus de 600 archives filmiques en une déclaration d’amour à Beyrouth, portrait d’une ville meurtrie mais résiliente.
Le Festival international du film de femmes de Beyrouth (27-30 avril) affiche une programmation résolument francophone : sur 92 films sélectionnés, 54 proviennent de l’espace francophone, auxquels s’ajoutent 34 productions libanaises et 60 œuvres du Sud global. « Nous choisissons de maintenir un espace pour des voix qui refusent l’effacement », résume Sam Lahoud, président du festival.
Le REEF Festival, dédié à la biodiversité et au cinéma documentaire, tiendra sa 8ᵉ édition en octobre à Kobeyate, dans le Akkar.

Sous le thème « La Terre et ses Gardiens », l’événement célèbre ceux qui protègent le patrimoine naturel et transmettent les savoirs. « Maintenir un festival de cette envergure dans une région rurale du Nord est un acte fort », souligne la directrice cinéma Eliane Raheb.
Douze CLAC en cours de réhabilitation
L’OIF s’apprête à signer, d’ici juin, une convention avec le ministère libanais de la Culture pour remettre sur pied douze Centres de lecture et d’animation culturelle créés en 2001 : Sin El Fil, Haret Hreik, Mansoura, Jeb Jenine, Bar Elias, Baalchmay, Bikfaya, Tyr, Barja, Halba, Amioun et Byblos.
Au programme : renouvellement des fonds documentaires en français et en langues locales, modernisation des équipements audiovisuels et numériques. Ces espaces de proximité, pensés pour les zones rurales et périurbaines, jouent un rôle crucial auprès des populations déplacées et des jeunes en quête de repères.
Festivals, projections, bibliothèques : autant de lieux où le dialogue peut reprendre, loin des fractures. Une manière concrète, pour la Francophonie, de rappeler que la culture reste un ciment essentiel du vivre-ensemble.
