Il n’y aura probablement pas de mots assez forts pour décrire l’intensité de l’émotion qui a saisi tout un pays alors que le pape Léon XIV foulait le sol du Liban. Ce saisissant sentiment d’espoir venu de nulle part, et qui s’abat sans crier gare sur un peuple qui, depuis longtemps, a oublié la douceur de l’espérance.
La résilience n’est pas l’espérance. Elle permet seulement de supporter la douleur puis de l’oublier. L’espérance, elle, ne se contente pas d’atténuer la plaie : elle la regarde en face, la surmonte et la transcende, ouvrant une brèche dans l’obscurité.
Au fond, qui sommes-nous réellement ?
C’est sur cette terre mille fois brûlée, où nul ne veut plus espérer, que Léon XIV a donc décidé de diffuser un message d’espoir, d’humilité et de lumière. Des mots qui résonnent comme un devoir d’introspection mille fois ajourné, mille fois avorté.
Au fond, qui sommes-nous réellement ? Ce peuple qui s’est tant déchiré ou celui qui, toutes confessions confondues, se tient par la main pour chanter la gratitude, une gratitude qui « ne doit pas être une consolation intimiste et illusoire » mais qui doit conduire « à la transformation du cœur », comme l’a martelé le Saint-Père.
Cette visite qui se clôture laisse comme un double goût d’amertume et d’urgence
Sommes-nous cette mosaïque fracturée que l’histoire remet sans cesse en pièces, ou une nation capable de se reconnaître dans un même souffle ?
Cette visite qui se clôture laisse comme un double goût d’amertume et d’urgence. Sommes-nous prêts à amorcer une telle transformation « du coeur» ? La désirons-nous assez ? En avons-nous la force et la détermination ?
Trouverons-nous la force de croire encore en quelque chose de plus grand que la survie ?
