De Sylviane ZEHIL aux Nations-unies – Dans le rapport transmis au Comité des relations étrangères du Sénat, le Département d’État met en avant la longue expérience de Michel Issa dans la finance internationale, son parcours entrepreneurial et sa connaissance intime du Liban.
Ce profil « pragmatique et enraciné dans la réalité » est perçu à Washington comme un atout pour renforcer le partenariat stratégique entre les deux pays, dans une phase critique pour la souveraineté et la stabilité du pays du Cèdre.
Le Département d’État américain a officiellement annoncé la confirmation de Michel Issa par le Sénat des États-Unis en tant que 31ᵉ ambassadeur américain auprès de la République libanaise.
Cette nomination, proposée par le président Donald Trump et entérinée en octobre 2025, intervient à un moment charnière pour le Liban, marqué par de profonds bouleversements régionaux et de graves défis internes.
Dans le rapport transmis au Comité des relations étrangères du Sénat, le Département d’État met en avant la longue expérience de Michel Issa dans la finance internationale, son parcours entrepreneurial et sa connaissance intime du Liban.
Ce profil « pragmatique et enraciné dans la réalité » est perçu à Washington comme un atout pour renforcer le partenariat stratégique entre les deux pays, dans une phase critique pour la souveraineté et la stabilité du pays du Cèdre
Un profil atypique et multidimensionnel
Né à Bsous, dans le district d’Aley, Michel Issa a bâti une carrière à la croisée de la finance et de l’entrepreneuriat. Diplômé en économie de l’Université Paris-Nanterre, il a occupé des postes de haut niveau au sein de Chase Manhattan Bank, Crédit Agricole Indosuez et Banco Português do Atlântico.
Expert reconnu des marchés de change, il a dirigé des salles de marché, introduit des instruments financiers innovants et présidé des comités stratégiques liés au crédit et à la conformité.
En 1999, il quitte le secteur bancaire pour se consacrer à l’automobile. Il fonde sa propre entreprise et acquiert des concessions Porsche, Audi et Volkswagen, qu’il développe jusqu’à atteindre plus de 35 millions de dollars de ventes annuelles.
Parallèlement, il crée la Michel Issa Foundation, engagée dans le développement local, la coopération municipale et la promotion de projets communautaires durables au Liban.
Une nomination à forte portée diplomatique
Bien qu’il n’ait jamais occupé de poste diplomatique auparavant, Michel Issa incarne une approche renouvelée de la diplomatie américaine à Beyrouth : économique, pragmatique et ancrée dans la réalité du terrain.
Washington mise sur sa double culture et sa compréhension fine de la société libanaise pour établir un dialogue plus direct avec les institutions locales, soutenir les réformes en matière de gouvernance, de transparence et de relance économique, ainsi que renforcer le partenariat sécuritaire avec l’armée libanaise.
Cette nomination intervient alors que les États-Unis redéfinissent leur stratégie régionale, en mettant l’accent sur la stabilité frontalière, la sécurité énergétique et le soutien institutionnel.
L’ATFL : « Une nomination à un moment décisif »
L’American Task Force on Lebanon (ATFL) a immédiatement salué la confirmation de Michel Issa, la qualifiant de « nomination opportune à un moment décisif pour le Liban ».
« Cette confirmation reflète l’importance continue que les États-Unis accordent à leur partenariat avec le Liban et à leur appui aux aspirations du peuple libanais pour la stabilité, la souveraineté et la prospérité »,
a déclaré l’organisation dans un communiqué.
Elle a également exprimé sa volonté de collaborer étroitement avec le nouvel ambassadeur afin de consolider et approfondir les liens entre les deux pays.
Forte de plusieurs décennies d’engagement, l’ATFL, présidée par l’ambassadeur Edward M. Gabriel, regroupe des personnalités libano-américaines issues des milieux diplomatique, économique et académique.
Elle plaide pour une politique américaine équilibrée envers le Liban, fondée sur la souveraineté nationale, le désarmement des milices et la relance économique.
Un signal politique clair
Avec la nomination de Michel Issa à Beyrouth, Washington envoie un message explicite : celui d’une diplomatie de proximité, misant sur la compétence, les réseaux économiques et les liens humains pour renforcer son partenariat avec le Liban dans une période de transition critique.
Cette nomination marque une nouvelle étape dans la posture américaine vis-à-vis du Liban, réaffirmant clairement que la stabilité du pays passe par le respect de sa souveraineté et le désarmement des groupes armés en dehors de l’autorité de l’État.
Alors que les tensions régionales demeurent élevées, Washington semble vouloir consolider son soutien à une approche fondée sur la responsabilité et l’application des résolutions internationales.
La réaction positive de l’American Task Force on Lebanon traduit l’importance de ce signal politique pour la diaspora libanaise aux États-Unis et pour les partenaires engagés dans la défense d’un Liban souverain, stable et ancré dans la légalité internationale.
