Le président américain Donald J. Trump a présenté ce week-end un plan de paix détaillé visant à mettre fin à la guerre qui ravage la bande de Gaza, à instaurer une paix durable avec Israël et à ouvrir la voie à une reconstruction politique, économique et sociale du territoire. Ce projet, qualifié de « plan global pour Gaza », repose sur une série de mesures sécuritaires, humanitaires et institutionnelles, assorties d’un dispositif international inédit placé sous sa propre supervision.
Un cessez-le-feu conditionné à la libération des otages
Le plan repose d’abord sur une mécanique de désescalade militaire. Dès acceptation par les deux parties, les hostilités cesseraient immédiatement : suspension des bombardements israéliens, gel des lignes de front et retrait progressif de l’armée israélienne. Dans les 72 heures suivant l’aval de Tel-Aviv, tous les otages – vivants ou décédés – devraient être restitués. En échange, Israël s’engagerait à libérer 250 prisonniers condamnés à perpétuité ainsi que 1 700 détenus arrêtés depuis le 7 octobre 2023, dont toutes les femmes et tous les enfants.
Amnistie et démilitarisation
Le texte prévoit que le Hamas renonce à toute activité militaire et à toute participation à la gouvernance de Gaza. Ses membres qui accepteraient de déposer les armes bénéficieraient d’une amnistie, tandis que ceux qui choisiraient l’exil disposeraient de passages sécurisés vers des pays tiers. La démilitarisation complète du territoire serait placée sous la surveillance d’observateurs indépendants, via un mécanisme de désarmement, de rachat des armes et de réinsertion.
Gouvernance transitoire sous supervision internationale
La gestion du territoire serait confiée à un comité technocratique palestinien, assisté par des experts internationaux et placé sous la tutelle d’un nouvel organisme : le Board of Peace, présidé par Donald Trump lui-même, aux côtés de responsables internationaux dont l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. Cet organe piloterait la reconstruction et préparerait le transfert de pouvoir à une Autorité palestinienne réformée, condition jugée indispensable à un retour de légitimité politique.
Reconstruction et développement économique
Le plan met fortement l’accent sur l’économie. Dès sa mise en œuvre, une aide humanitaire massive serait déployée : réhabilitation des infrastructures vitales (eau, électricité, hôpitaux, routes, boulangeries), ouverture du point de passage de Rafah et entrée d’équipements pour déblayer les décombres. À moyen terme, une zone économique spéciale offrirait des conditions tarifaires préférentielles pour attirer les investisseurs. Le président Trump promet également un plan de développement « inspiré des miracles urbains du Golfe », censé offrir emplois, opportunités et espoir à la population gazaouie.
Une force internationale de stabilisation
Pour sécuriser la transition, Washington propose de déployer une International Stabilization Force (ISF), chargée de former et d’accompagner une nouvelle police palestinienne. Cette force travaillerait en étroite coordination avec l’Égypte et la Jordanie, garants régionaux, et assurerait la coopération sécuritaire avec Israël. Le retrait israélien serait progressif, calibré sur les avancées de la démilitarisation.
Un horizon politique incertain
Au-delà de la gestion immédiate de la crise, le plan affirme vouloir rouvrir la voie à une perspective politique : dialogue interreligieux, coexistence pacifique et, à terme, conditions pour « une trajectoire crédible vers l’autodétermination et l’État palestinien », aspiration de longue date du peuple palestinien. Mais cette promesse reste conditionnée à la réussite de la réforme de l’Autorité palestinienne et à la stabilité sécuritaire sur le terrain.
Analyse
Le projet de Donald Trump combine cessez-le-feu, libération des otages, reconstruction économique et encadrement international. Il marque une volonté claire de placer les États-Unis au centre du jeu, en confiant au président lui-même la présidence du Board of Peace. Ses partisans y verront une feuille de route pragmatique et audacieuse, articulée autour d’un « deal » mêlant sécurité et développement. Ses critiques dénonceront une approche néocoloniale, où Gaza serait placée sous tutelle internationale et où les perspectives politiques palestiniennes dépendraient de conditions fixées unilatéralement par Washington et ses alliés.
Reste à savoir si les parties en conflit accepteront ce schéma ambitieux et si les acteurs régionaux – Égypte, Jordanie, Arabie saoudite – se rallieront à cette vision. Car sans adhésion locale, le plan risque de rester une déclaration d’intentions plus qu’un véritable tournant historique.
