De Sylviane ZEHIL aux Nations-unies – Un escalator bloqué, un téléprompteur en panne : deux incidents techniques qui, dans n’importe quel autre contexte, auraient fait sourire. Mais à l’ONU, le 23 septembre 2025, devant l’Assemblée générale et sous l’œil du monde entier, ces « pannes » sont devenues une humiliation.
Donald Trump, fidèle à son art du coup de poing verbal, a immédiatement transformé l’épisode en accusation :
« Tout ce que j’ai eu de l’ONU, c’est un escalator qui s’est arrêté net en plein milieu. Et en plus, le téléprompteur ne fonctionne pas. Je ne sais pas qui s’en occupe, mais il est dans de beaux draps. »
La scène, à elle seule, a suffi à ridiculiser l’Organisation.
Washington frappe fort, l’ONU acculée
À la Maison-Blanche, l’affaire est présentée comme un sabotage. Karoline Leavitt, porte-parole du président, exige des têtes :
« Si quelqu’un à l’ONU a volontairement arrêté l’escalator, il doit être immédiatement licencié et faire l’objet d’une enquête. »
Les mots sont violents. Le message est clair : ce n’est pas une panne, c’est une faute. Et elle doit être punie.
L’ONU, piégée, improvise. Dès le soir du 23 septembre, elle livre une explication technique. Selon Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général, les capteurs de sécurité intégrés à l’escalator avaient été activés par un vidéaste de la Maison-Blanche qui filmait la montée à reculons. Le système, conçu pour éviter qu’un objet ou une personne ne soit happé par la mécanique, s’était automatiquement bloqué. Quant au téléprompteur, Dujarric a été clair : il relevait de la responsabilité exclusive de l’équipe présidentielle américaine, non des techniciens de l’ONU.
Mais Washington ne lâche pas. Dès le lendemain, la Maison-Blanche formalise ses griefs. L’ONU, qui la veille plaidait l’erreur technique, change de ton. Dans une déclaration officielle, Stéphane Dujarric confirme avoir reçu une correspondance de la Mission permanente des États-Unis. Le Secrétaire général, précise-t-il, a déjà ordonné une enquête approfondie et a assuré Washington que l’Organisation « est prête à coopérer en toute transparence avec les autorités américaines afin de déterminer ce qui a causé les incidents évoqués ».
Une affaire amplifiée par le spectre cybernétique
À cette querelle technique s’ajoute une révélation troublante : le New York Times rapporte la découverte d’un réseau mystérieux autour de l’ONU, supposément capable de neutraliser jusqu’à 300 000 téléphones portables. Une allégation vertigineuse, qui place l’affaire bien au-delà d’un simple dysfonctionnement mécanique et l’inscrit dans le champ de la cyberguerre.
Si elle est confirmée, Turtle Bay n’est plus seulement le sanctuaire du multilatéralisme : c’est un champ de bataille technologique où la sécurité des chefs d’État et des diplomates est en jeu.
Une ONU fragilisée
Cette affaire dépasse le ridicule de l’image d’un président coincé sur un escalator. Elle révèle une vérité plus sombre : l’ONU, déjà affaiblie par les divisions de ses États membres et par la défiance américaine, apparaît désormais vulnérable jusque dans ses murs.
Un simple incident technique suffit à déclencher une tempête diplomatique, à exposer l’Organisation au soupçon de sabotage et à l’obliger à se justifier devant son principal contributeur. Pire : l’ombre d’un réseau clandestin de cyberguerre autour de son siège met en doute sa capacité à protéger les communications et la sécurité de ses hôtes.
L’« affaire de l’escalator » n’est plus une anecdote : elle est devenue un symbole. Symbole d’un climat de méfiance, d’une guerre invisible qui s’invite au cœur même de l’institution censée préserver la paix mondiale.
