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    Guterres–Trump à l’ONU : diplomatie solennelle et humour improvisé

    Sylviane ZehilBy Sylviane Zehil23 septembre 2025
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    Entre la solennité des appels de Guterres à « mettre fin aux souffrances de millions d’êtres humains » et l’humour décalé d’un président américain revendiquant à la fois son soutien « à cent pour cent » à l’ONU et son droit de désaccord, la scène a offert un condensé de la relation Washington–ONU : indispensable, parfois chaotique, mais toujours sous les projecteurs.

    Quand António Guterres reçoit Donald Trump au siège des Nations unies, il faut s’attendre à un mélange des genres : la gravité institutionnelle et le sens de la formule. Ce matin, la rencontre bilatérale a débuté comme un exercice classique de protocole, le secrétaire général rappelant le rôle fondateur et essentiel des États-Unis dans l’Organisation et appelant à faire de la paix la priorité absolue.

    Mais très vite, Donald Trump a imposé sa touche personnelle, transformant une panne d’escalator et un téléprompteur capricieux en anecdotes d’ouverture, comme pour rappeler que la diplomatie internationale ne se joue pas seulement dans les grandes formules, mais aussi dans les imprévus les plus terre-à-terre.

    Guterres a surtout voulu replacer la conversation sur l’axe qu’il estime vital : la paix. Soulignant que Trump avait « choisi la paix comme objectif central de son mandat », il a insisté sur la disponibilité totale des Nations unies pour l’accompagner dans cette mission

    Entre la solennité des appels de Guterres à « mettre fin aux souffrances de millions d’êtres humains » et l’humour décalé d’un président américain revendiquant à la fois son soutien « à cent pour cent » à l’ONU et son droit de désaccord, la scène a offert un condensé de la relation Washington–ONU : indispensable, parfois chaotique, mais toujours sous les projecteurs.

    Axe vital : la paix

    Le secrétaire général des Nations unies a donné le ton de reconnaissance appuyée, rappelant que les États-Unis avaient été « absolument essentiels dans la fondation de l’ONU » et qu’ils en demeuraient depuis lors un pilier politique et financier.

    Mais Guterres a surtout voulu replacer la conversation sur l’axe qu’il estime vital : la paix. Soulignant que Trump avait « choisi la paix comme objectif central de son mandat », il a insisté sur la disponibilité totale des Nations unies pour l’accompagner dans cette mission, de ses équipes sur le terrain jusqu’aux missions diplomatiques. Le message était clair : dans un monde déchiré par les conflits, l’ONU entend se présenter comme partenaire de Washington, malgré les critiques et les tensions passées.

    Trump, l’improvisateur assumé

    Donald Trump, fidèle à sa réputation, a fait dévier la rencontre vers une tonalité plus inattendue. Avec un sourire, il a ouvert son intervention en évoquant les « petits accidents » de la matinée :

    « C’était un peu plus excitant que d’habitude avec l’escalator et le prompteur, mais ces choses arrivent. »

    En quelques mots, la solennité s’est teintée d’humour new-yorkais. Mais le président n’en est pas resté là : il a tenu à réaffirmer son soutien à l’organisation internationale. « Notre pays est derrière les Nations unies à cent pour cent. Le potentiel de cette institution est incroyable. »

    Au siège du palais de verre de Turtle Bay, la diplomatie avance comme l’escalator du jour : parfois en panne, souvent grinçante, mais toujours en mouvement.

    Dans la même phrase, Trump a offert un hommage et une réserve : il admet « parfois » être en désaccord, une pirouette qui résume son rapport à l’ONU, oscillant entre adhésion pragmatique et critiques virulentes.

    Une scène symbolique

    Au-delà de l’anecdote de l’escalator et du téléprompteur, cette rencontre illustre la complexité des rapports entre Washington et l’ONU. Guterres plaide pour une coopération fondée sur des valeurs partagées et l’urgence humanitaire. Trump, lui, choisit de marier humour et soutien, comme pour adoucir son image tout en gardant la maîtrise du récit.

    En creux, cette scène montre que, malgré les divergences et les postures, les États-Unis et l’ONU demeurent liés par une nécessité mutuelle. L’Amérique ne peut se passer du forum mondial qu’offre l’Organisation, et l’ONU ne peut fonctionner sans l’appui financier, militaire et politique de Washington.

    Ainsi, au siège du palais de verre de Turtle Bay, la diplomatie avance comme l’escalator du jour : parfois en panne, souvent grinçante, mais toujours en mouvement. Mais derrière les sourires et les formules, la réalité demeure brutale : l’ONU traverse une crise budgétaire chronique, étranglée par les retards de paiement et les contributions insuffisantes de ses États membres. Or, son premier bailleur de fonds, les États-Unis, ne cache pas ses réticences ni ses critiques récurrentes.

    La rencontre de mardi matin aura donc rappelé une vérité implacable : sans l’argent et l’aval politique de Washington, l’ONU peine à exister ; mais sans l’ONU, l’Amérique perd son plus grand instrument de légitimité internationale. Entre dépendance financière et scepticisme stratégique, Guterres et Trump ont joué une partition connue : celle d’une organisation qui réclame des moyens pour tenir ses promesses, face à un donateur qui aime rappeler qu’il tient la caisse.

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    Sylviane Zehil

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