Plusieurs points à l’ordre du jour — stabilité au Moyen-Orient, sécurité énergétique en Méditerranée, flux migratoires — concernent directement la région. Les enjeux autour du Liban — notamment la sécurité frontalière, la Finul, la situation politique intérieure — devraient faire partie intégrante des discussions.
Au-delà d’un simple déjeuner en costume-cravate, la réunion de l’OTAN est bien plus que son coût exorbitant d’environ 1 million d’euros par minute, à en croire les médias néerlandais !
Lorsque j’emprunte ce matin le chemin de l’école, normalement un trajet de dix minutes, je passe plus d’une heure et demie pour seulement…6 km. Pendant cette longue attente, des voitures faisaient demi-tour sur l’autoroute au risque de défoncer les pneus sur le terre-plein central, et mon fils, à mes côtés, n’arrêtait pas de s’exclamer jovialement « merci Trump ! Merci Trump ! Merci le Roi Willem ! J’ai déjà raté les deux premiers cours de la journée ! ». C’est dire combien la petite ville de La Haye est remuée sens dessus dessous par un chaos « bien orchestré ». Pour cause : pour la première fois de son histoire, les Pays-Bas accueillent le sommet de l’OTAN depuis la création de l’Alliance en 1949. Au-delà des multiples déviations des routes, perturbations des transports publics, zones portuaires et aéroports sous vigilance, usage de drones interdit dans un périmètre étendu, le système de sécurité déployé pour l’occasion est également sans précédent : plus de 27 000 policiers, presque la moitié de la police nationale, sont mobilisés aux côtés de 10 000 militaires, blindés, avions F‑35, hélicoptères et frégates en alerte.
La tenue de ce sommet de l’OTAN, actuellement dirigée par l’ancien premier ministre néerlandais Mark Rutte, se veut un symbole fort pour le rôle des Pays‑Bas, mais aussi un signal clair de leadership et d’engagement : selon l’institut Clingendael, c’est un geste pour montrer qu’ils assument leur part et sont des alliés crédibles de l’Alliance.
C’est donc une césure majeure dans le cœur de la ville, qui d’habitude bat à rythme régulier, à la seconde près. Les médias locaux soulignent que la réunion de l’OTAN, à La Haye les 24 et 25 juin prochains est bien plus qu’une simple rencontre formelle de chefs d’État, et ce, pour plusieurs raisons majeures :
Les services de sécurité et la NCTV (agence gouvernementale néerlandaise agissant comme coordonnateur national pour prévenir et combattre le terrorisme ainsi que d’autres menaces à la sécurité nationale) alertent sur des risques réels : l’afflux attendu de cybercriminels, saboteurs et « fake news » venant notamment de Russie, des stratégies de désinformation sophistiquées lors des précédentes rencontres. Conséquence : la vigilance est maximale sur la communication et la protection de l’information, ce n’est donc pas seulement de la diplomatie classique.
Au centre des discussions figure un objectif ambitieux : poussés par les États-Unis, les pays membres de l’OTAN souhaitent faire porter les dépenses de leur défense à 5 % du PIB, y compris infrastructures et cyberdéfense. Leur proposition de compromis : 3,5 % pour la défense directe + 1,5 % pour les investissements qui y sont liés. Ce sommet est avant tout une étape clé pour la stratégie militaire de l’alliance, pas un simple déjeuner diplomatique.
Et on est loin des réunions fermées aux seules instances étatiques. Au premier jour, se tiendra un Forum de l’industrie de défense au cours duquel des responsables politiques, industriels et experts débattront d’innovation et de capacité de production en Europe. Autre nouveauté, la tenue d’un forum public, un véritable espace citoyen : 500 participants (experts, jeunes, journalistes) pourront suivre en direct, poser des questions et susciter un débat public sur l’OTAN.
La tenue de ce sommet de l’OTAN, actuellement dirigée par l’ancien premier ministre néerlandais Mark Rutte, se veut un symbole fort pour le rôle des Pays‑Bas, mais aussi un signal clair de leadership et d’engagement : selon l’institut Clingendael, c’est un geste pour montrer qu’ils assument leur part et sont des alliés crédibles de l’Alliance.

Et le Liban dans tout cela ? Officiellement, le Liban ne participe pas au sommet, n’étant ni membre ni partenaire officiel de l’OTAN. Pourtant, son nom est loin d’être absent des préoccupations. Plusieurs points à l’ordre du jour — stabilité au Moyen-Orient, sécurité énergétique en Méditerranée, flux migratoires — concernent directement la région. Les enjeux autour du Liban — notamment la sécurité frontalière, la Finul, la situation politique intérieure — devraient faire partie intégrante des discussions. Plus globalement, les défis sécuritaires à l’est de la Méditerranée (Gaza, Liban, stabilité régionale) seront bien au cœur du sommet. En outre, la coopération entre l’OTAN et des acteurs comme le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), dont les projets touchent le Liban, est surveillée de près. Si le Liban n’a pas de siège à la table, il reste une pièce sur l’échiquier.
En fin de compte, ce sommet marque une transformation profonde de l’OTAN, qui se réinvente comme une alliance non seulement militaire, mais aussi industrielle, technologique et citoyenne. Pour La Haye, c’est un tournant. Pour le reste du monde, un signal.
- Qui est Wajed Ramadan? Avec près de 25 ans d’expérience en journalisme et comme ex-porte-parole du Tribunal spécial pour le Liban, Wajed Ramadan met sa voix au service de la justice et de l’information. Elle vit depuis dix ans aux Pays-Bas.
