Américains et Israéliens ont défait, samedi 28 février, le régime que l’Occident avait instauré en Iran en 1979 : 47 ans de dictature des mollahs, remplaçant la dynastie des Pahlavi. Ayatollah Khomeini, était arrivé de Paris à Téhéran en février 1979 à bord d’un avion d’Air France, au même moment où le shah Reza Pahlavi quittait son pays pour se faire soigner, sans jamais pouvoir y revenir.
Samedi, il a fallu aux aviations israéliennes et américaines moins d’une matinée pour neutraliser des hommes clés du régime iranien, à leur tête Ali Khamenei, le Guide suprême de la Révolution islamique.
Nous apprendrons bien sûr, plus tard, les détails des préparatifs – qui ont certainement nécessité de longues années – de l’opération lancée le 28 février 2026 contre l’Iran, comme cela a été le cas les opérations israéliennes de l’explosion des bipeurs et des walkietalkies entre les mains de centaines de miliciens et de cadres du Hezbollah, et de l’assassinat de Hassan Nasrallah, secrétaire général du parti de Dieu, à Beyrouth, en septembre 2024.
Sans nul doute l’opération baptisée « Rugissement du lion » pave la voie à un changement du régime iranien et épargnera probablement quelques responsables assez hauts placés pour jouer le rôle de négociateurs avec les Etats-Unis, dans la période d’après-guerre.
Dans les jours à venir, les contours de scénarios possibles en Iran se préciseront.
Une seule chose est sûre. C’est la fin d’une ère au Moyen-Orient.
Après la guerre de Gaza commencée en octobre 2023 suite à une opération sans précédent du Hamas et le déclenchement d’une attaque israélienne meurtrière sur la bande, le Liban en septembre 2024 avec l’élargissement du conflit entre le Hezbollah et Israël et l’assassinat de Hassan Nasrallah et des hommes clés du parti de Dieu, la Syrie en décembre 2024 avec la chute du régime de Bachar el-Assad, le probable changement de régime en Iran scelle pour de longues années à venir la domination américaine – et israélienne bien sûr – sur la région. Et par le fait même la fin de l’emprise iranienne – et donc chiite – sur un Moyen-Orient majoritairement sunnite. En 47 ans, la République islamique a financé des guerres au Liban, en Syrie, au Yémen ainsi que des soulèvements à Bahreïn, déstabilisant ces pays et réalisant le rêve d’avoir accès sur la Méditerranée.
Ce qui contribuera à provoquer l’anéantissement rapide –voire à une vitesse vertigineuse – de l’Iran des mollahs, c’est le bombardement iranien, dès le début de l’offensive israélo-américaine, des pays du Golfe, nommément le Koweït, les Emirats Arabes Unis, le Qatar, le Sultanat d’Oman, l’Arabie saoudite et le Bahreïn (ces deux derniers pays comptent d’importantes minorités chiites). Ces pays ont essuyé, au cours des dernières 24 heures, de nombreux dégâts, non seulement à proximité des bases américaines qu’ils accueillent mais dans des quartiers résidentiels et commerciaux. L’affaiblissement de l’Iran des mollahs mènera à un renforcement des pays arabes sur la région ; Désormais, le Golfe, que beaucoup nomment encore persique, sera connu par son autre appellation, celle de Golfe arabique, nom officiel retenu par les pays arabes bombardés depuis que le debut de l’offensive.
