À travers une série d’images puissantes et sensibles, l’exposition documente les assassinats politiques au Liban depuis 2005, tout en luttant contre l’effacement progressif des victimes, de leurs proches et des lieux mêmes de la violence dans la mémoire collective. Fruit de plusieurs mois de travail, Remaining repose sur des rencontres approfondies avec les familles des victimes et les survivants. Le projet donne à voir leurs portraits, ainsi que les objets personnels qu’ils ont choisi de confier à l’équipe, porteurs d’histoires intimes et de deuils toujours ouverts.
À l’occasion du cinquième anniversaire de l’assassinat de Lokman Slim, UMAM D&R, la Fondation Lokman Slim et Dar Al-Jadeed organisent, le 7 février 2026, une commémoration portée par un projet artistique et mémoriel fort, avec le soutien actif de l’Institut français – Ambassade de France.
Cette année, l’hommage prend la forme de l’exposition photographique Remaining, un projet emblématique de la Fondation Lokman Slim, présentant le travail du photographe Edouard Elias, sous le commissariat de Katia Jarjoura. À travers une série d’images puissantes et sensibles, l’exposition documente les assassinats politiques au Liban depuis 2005, tout en luttant contre l’effacement progressif des victimes, de leurs proches et des lieux mêmes de la violence dans la mémoire collective.
Fruit de plusieurs mois de travail, Remaining repose sur des rencontres approfondies avec les familles des victimes et les survivants. Le projet donne à voir leurs portraits, ainsi que les objets personnels qu’ils ont choisi de confier à l’équipe, porteurs d’histoires intimes et de deuils toujours ouverts. Les photographies retournent également sur les scènes des crimes, des lieux marqués durablement par la violence politique et dont l’impact continue de résonner dans le présent.
Période sombre de l’histoire contemporaine
Au-delà de la mémoire individuelle, l’exposition éclaire une période sombre de l’histoire contemporaine du Liban, marquée par l’usage systématique de l’assassinat politique comme outil pour faire taire la dissidence et redessiner le paysage politique du pays. Loin d’être des actes isolés, ces crimes s’inscrivent dans une logique de contrôle, nourrie par la peur et l’absence persistante de justice et de responsabilité.
Dans ce contexte, le regard d’Edouard Elias s’attache à ce qui subsiste : des présences fragiles, profondément humaines, qui résistent à l’effacement. Ses images rappellent que ce qui a été arraché par la violence demeure, malgré tout, inscrit dans les corps, les lieux et la mémoire.
Pensée comme un acte collectif de résistance, Remaining invite le public à participer à cet effort de mémoire. Visiter l’exposition devient ainsi un geste d’affirmation et un engagement envers la cause portée par celles et ceux qui refusent l’oubli.
L’exposition ouvrira le samedi 7 février 2026 à 16 heures, à Union Marks, Abroyan Factory, à Bourj Hammoud, Beyrouth, et restera visible jusqu’au 3 mars 2026, tous les jours de 14 heures à 20 heures.
