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    Accueil » Entre Israéliens et Palestiniens, un tournant diplomatique à ne pas manquer
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    Entre Israéliens et Palestiniens, un tournant diplomatique à ne pas manquer

    Fady NounBy Fady Noun25 octobre 2025
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    Le sommet de Charm el-Cheikh n’a pas produit de miracle, mais il a le mérite d’avoir mis (presque) fin au carnage. Certains objecteront que la responsabilité ne peut être uniquement israélienne, que les divisions palestiniennes, les incitations à la violence, les attentats rendent tout processus de paix illusoire.

    Certes, beaucoup de points restent en suspens, et l’acceptation par Israël d’un Etat palestinien n’est toujours pas à l’ordre du jour, mais le président américain Donald Trump a pu, du moins, obtenir des deux protagonistes l’engagement de s’abstenir de toute initiative susceptible d’aggraver la situation sur le terrain. Pour les observateurs, c’est peu – mais c’est déjà beaucoup dans le climat de belligérance qui prévalait depuis deux ans, et la dérive génocidaire qu’elle a entraînée.

    Certains objecteront que la responsabilité ne peut être uniquement israélienne, que les divisions palestiniennes, les incitations à la violence, les attentats rendent tout processus de paix illusoire.

    Mais cette dynamique négative ne peut survivre sans s’accompagner d’engagements concrets. Le gouvernement israélien, dirigé par une coalition d’extrême droite, doit désormais choisir entre deux voies : celle de la gestion sécuritaire à court terme, ou celle d’un pari stratégique sur une paix durable. Cette seconde option implique un changement de posture : moins d’arrogance militaire, plus d’ouverture politique. Moins de démonstration de force, plus de signes de bonne foi.

    La clémence comme levier politique

    Pour beaucoup d’observateurs, des mesures de clémence s’imposent, pour garder vivantes les promesses de paix. Certes, dans le contexte actuel, la clémence ne serait pas naïveté, mais acte de force morale et politique et vision stratégique. Il s’agit de faire des gestes qui, sans compromettre la sécurité d’Israël, démontrent une volonté réelle d’apaisement. Cela peut passer par des mesures humanitaires : amélioration des conditions des détenus, ouverture de couloirs humanitaires et simplification de la circulation en Cisjordanie, libération de prisonniers mineurs ou malades, gel des implantations en territoire occupé.

    Ce serait miracle, de toute évidence, si de tels gestes émanaient du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Mais on pourrait les proposer à l’administration américaine, qui veut désormais avoir son mot à dire, depuis l’attaque israélienne sur Doha le 9 septembre dernier. Le président Trump pourrait les reprendre à son compte, lui qui va jusqu’à envisager la remise en liberté de Marwan Barghouti, et menace de ne plus appuyer Israël, si la Knesset votait en faveur de l’annexion de la Cisjordanie.

    Dans une société largement désabusée, où la colonisation continue d’alimenter un profond ressentiment dans la population palestinienne, victime de vexations, d’assassinats et de confiscations de terres, la modération d’Israël – volontaire ou forcée –, pourrait aider à restaurer une confiance minimale, nécessaire à toute négociation.

    Du reste, ce choix aurait aussi des bénéfices stratégiques pour l’Etat hébreu lui-même. En optant pour l’apaisement, Israël pourrait regagner un certain crédit international, aujourd’hui largement entamé, même aux yeux de ses alliés européens traditionnels. Sur le plan intérieur, une approche plus équilibrée pourrait désamorcer certaines tensions au sein même de la société israélienne, fracturée sur la question palestinienne et sur la nature démocratique du pays.

    Une responsabilité asymétrique

    Certains objecteront que la responsabilité ne peut être uniquement israélienne, que les divisions palestiniennes, les incitations à la violence, les attentats rendent tout processus de paix illusoire.

    De fait, la situation est d’une complexité tragique, et les responsabilités sont partagées. Mais elles ne le sont pas à parts égales. Face à l’Etat israélien, doté d’une armée moderne, d’une économie avancée, d’institutions fonctionnelles et d’un appui inconditionnel de la première puissance mondiale, les Palestiniens, divisés entre deux autorités antagonistes, soumis à une occupation militaire, enfermés dans une logique de survie, dépendant d’allégeances arabes éparpillées, n’ont pas l’avantage.

    Charm el-Cheikh ne sera pas gravé dans les livres d’histoire comme un tournant décisif – à moins que les protagonistes ne décident d’en faire le point de départ d’un véritable changement de cap.

    Ce déséquilibre place sur Israël une responsabilité plus grande : celle de savoir user de sa force avec discernement. En acceptant de faire le premier pas, l’Etat hébreu ne renie pas sa sécurité : il investit dans une paix qui, tôt ou tard, sera la seule alternative viable au cycle infini de la violence.

    Charm el-Cheikh ne sera pas gravé dans les livres d’histoire comme un tournant décisif – à moins que les protagonistes ne décident d’en faire le point de départ d’un véritable changement de cap, et n’effacent par des mesures concrètes la pénible impression qu’il s’agit d’une paix bâclée. Pour citer l’ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, les dirigeants des deux peuples seront jugés sur « la capacité à bâtir la paix de deux peuples dont le destin est inévitablement lié. Donc c’est sur cette paix, cette coexistence qu’au bout du compte ils seront jugés. Mêmes si toutes sortes de forces se mettent en travers de cette nécessité historique ». Cela exigera des choix difficiles, des concessions, du leadership. Cela exigera, surtout, un regard lucide sur les limites de la force brute, et sur les promesses de la modération.

    beyrouth charm el cheikh egypte hezbollah israel liban syrie
    Fady Noun

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