C’est lors de l’implacable canicule d’août que Beyrouth 360 a eu l’occasion de discuter avec lui, alors qu’il venait tout juste de publier sur Instagram une photo de lui, allongé sur le carrelage de sa cuisine, la tête dans le réfrigérateur. Nous notons ensemble, au passage, que « les gens deviennent plus méchants que d’habitude » quand il fait chaud.
Difficile de l’oublier une fois qu’on l’a rencontré. Nicolas Tawk fait partie de ces personnalités marquantes qui n’ont pas froid aux yeux et disent tout haut ce que tout le monde pense tout bas.
Il a grandi à Becharré et puise souvent pour ses sketches dans son quotidien et celui de sa famille. À propos de son village, il confie à Beyrouth 360 : « Je ne ris jamais de Bcharré. Je raconte simplement aux spectateurs comment j’ai grandi. Je suis fier d’être né là-bas et d’avoir eu la chance de vivre mon enfance dans les montagnes. »
Ce qui ne l’empêche pas de puiser son inspiration dans les contrastes entre la vie rurale et urbaine.
C’est lors de l’implacable canicule d’août que Beyrouth 360 a eu l’occasion de discuter avec lui, alors qu’il venait tout juste de publier sur Instagram une photo de lui, allongé sur le carrelage de sa cuisine, la tête dans le réfrigérateur. Nous notons, au passage, que « les gens deviennent plus méchants que d’habitude » quand il fait chaud.
Rescapé d’une chute de cinq mètres qui l’a immobilisé plusieurs mois et contraint à se déplacer en fauteuil roulant, il a utilisé cet accident pour réévaluer son mode de vie et sa carrière. Il se lance alors dans le stand-up, non sans un certain succès.
Ce qui le caractérise, c’est sans nul doute sa relation privilégiée avec son public, ou ce qu’il appelle dans le jargon du stand-up le « crowd work ». Celles et ceux qui viennent assister à son spectacle savent désormais à quoi s’attendre. Ils savent qu’ils passeront sur le gril et le font volontiers. Car sous des dehors bourrus, son public se sent en confiance et se prête sans hésitation à l’expérience.
Pour Nicolas Tawk, ce qui est sûr, c’est que « chaque spectacle a son propre public, avec ses énergies, son histoire personnelle, et ensuite son identité en tant que groupe de personnes réunies dans une même salle ». L’expérience qu’il a accumulée au fil des années ne l’empêche pas de continuer à être surpris par son public.
« Maintenant savez-vous à quoi vous attendre ? »
« Jamais », répond-il sans hésiter. « J’arrive et je donne tout ce que j’ai pour eux. »
« Quelle est la chose la plus étrange qui vous soit arrivée sur scène ?»
« Les gens ivres sont généralement les plus étranges, parce qu’ils perdent tout sens de communication. »
«Vous est-il déjà arrivé de rire de manière incontrôlable pendant un spectacle ?»
« Oui, ça m’est arrivé quelques fois. Parfois, l’ambiance dans la salle est difficile à expliquer, mais c’était incroyable. »
Le stand-up comme outil d’expression
Il est l’un des humoristes actifs au sein de la plateforme Awk.word, un collectif visant à renouveler la comédie libanaise en libérant la parole et en repoussant les tabous.
Ses sketchs abordent toujours de façon percutante des thématiques comme les tensions confessionnelles, la crise politique, l’exode, et plus largement les absurdités de la vie quotidienne libanaise.
À ce propos, beaucoup d’aspects de la société libanaise le mettent en colère. Quelles sont les choses les plus difficiles à accepter au Liban ?
« Je pense que la chose principale, c’est d’accepter notre réalité et le genre de peuple et de pays que nous sommes. »
Pourquoi a-t-il ce désir de faire rire les gens ? Il avoue : « Je n’arrive jamais à trouver les mots pour répondre à cette question, on me la pose souvent, honnêtement. »
