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    Accueil » Verdict pour Sean Rooney : un signal contre l’impunité, un avertissement pour la FINUL
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    Verdict pour Sean Rooney : un signal contre l’impunité, un avertissement pour la FINUL

    Sylviane ZehilBy Sylviane Zehil30 juillet 2025
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    Alors que six hommes viennent d’être condamnés pour le meurtre du soldat de la paix irlandais Sean Rooney, les projecteurs se braquent à nouveau sur la vulnérabilité croissante de la FINUL au Liban-Sud, à quelques semaines du renouvellement de son mandat. Le Conseil de sécurité est ainsi interpellé sur l’urgence de repenser l’engagement politique autour des missions onusiennes. Un meurtre qui a bouleversé la communauté internationale

    Le 14 décembre 2022, un convoi blindé de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) circulant en dehors de son itinéraire habituel est violemment attaqué dans le village de Aaqibiyé, bastion du Hezbollah dans le sud du Liban. Le soldat irlandais Sean Rooney, 24 ans, est tué d’une balle à la tête. Trois autres casques bleus irlandais ont été blessés.

    L’émotion est immédiate. À Dublin, à New York, à Naqoura, au sein de l’ONU comme au sein de la population libanaise. L’incident jette une lumière crue sur les dangers auxquels sont exposés les Casques bleus dans une région traversée par des tensions armées, des rapports de force opaques et une méfiance croissante envers la présence internationale.

    Un verdict attendu, une justice sous pression

    Près de trois ans après les faits, le 28 juillet 2025, la Cour militaire permanente de Beyrouth condamne six des sept accusés. Le septième est acquitté faute de preuves. Ce procès, mené avec le soutien technique de la FINUL et sous pression diplomatique constante de l’Irlande, s’appuie sur des preuves balistiques et des témoignages recueillis avec rigueur.

    Dans un communiqué publié le lendemain, la FINUL salue « un signal fort contre l’impunité » et remercie « le gouvernement libanais pour son engagement à faire éclater la vérité dans cette affaire tragique ». Le ministre irlandais de la Défense, lui, salue une décision cruciale pour « la mémoire de Sean Rooney, sa famille, et tous les soldats irlandais qui œuvrent pour la paix dans des contextes dangereux ».

    La FINUL, entre héritage historique et défi existentiel

    Créée en 1978 à la suite de la première invasion israélienne du Liban-Sud, la FINUL voit son mandat considérablement renforcé en 2006, après la guerre entre Israël et le Hezbollah. Elle est chargée de surveiller le cessez-le-feu, d’appuyer le déploiement des Forces armées libanaises et de protéger les populations civiles.

    Mais sur le terrain, les réalités sont de plus en plus éloignées de ce cadre théorique. Les patrouilles de la FINUL sont régulièrement empêchées d’accéder à certaines zones, leurs mouvements surveillés ou harcelés. Le rapport de force local est de plus en plus défavorable, et le soutien politique s’effrite.

    Le meurtre de Sean Rooney n’est pas un incident isolé : il est le symptôme d’un climat de plus en plus hostile dans lequel la FINUL peine à remplir son mandat sans être elle-même la cible.

    Jean-Pierre Lacroix au Conseil de sécurité : un cri d’alarme voilé

    Le 29 juillet, le secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, s’adresse au Conseil de sécurité. Il n’évoque pas nommément le meurtre de Sean Rooney, mais ses mots résonnent comme une réponse implicite : « Sans l’appui politique fort et uni des membres du Conseil de sécurité, les opérations de maintien de la paix sont reléguées à la réalisation d’objectifs intermédiaires, tels que la gestion des conflits ou la protection des civils. »

    Le chef des opérations de paix appelle à une remise en question sérieuse : les missions de paix ne peuvent être efficaces sans une stratégie politique claire, sans coordination avec les acteurs régionaux, sans mandat opérationnel fort et sans protection pour leurs soldats. « La protection crée l’espace pour les solutions politiques, et les solutions politiques, en retour, renforcent la protection », martèle-t-il, posant les termes d’un cercle vertueux trop souvent négligé.

    Le Conseil de sécurité face à ses responsabilités

    Le mandat de la FINUL expire à la fin du mois d’août. Le Conseil de sécurité devra alors décider de son renouvellement pour un an supplémentaire. Mais ce renouvellement ne peut se limiter à une reconduction administrative. Les conditions de sécurité, les règles d’engagement, la coopération avec les forces locales, tout doit être réexaminé à la lumière de la réalité du terrain.

    La France, traditionnellement en charge de rédiger les résolutions sur la FINUL, devrait plaider pour une adaptation du mandat afin de garantir l’intégrité et l’efficacité de la mission. Mais sans un consensus politique clair, les révisions resteront symboliques.

    Une mémoire à honorer, une mission à sauver

    Le verdict prononcé dans l’affaire de Sean Rooney est une avancée judiciaire. Mais il ne suffit pas à garantir que de tels drames ne se reproduisent pas. La sécurité des Casques bleus, leur légitimité, leur capacité à protéger, dépendent de choix politiques et diplomatiques qui doivent être assumés, collectivement.

    Alors que les regards se tournent vers New York, l’image de Sean Rooney, tombé à 24 ans dans une patrouille de paix, hante encore les débats. Il incarne à la fois le courage des soldats onusiens et la fragilité de la paix dans une région où le danger reste omniprésent. 

    Son sacrifice oblige. Et son souvenir interpelle.

    beyrouth conseil de securite finul liban onu unifil
    Sylviane Zehil

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