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    Accueil » Syndrome de la paix
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    Syndrome de la paix

    Lelia MezherBy Lelia Mezher15 décembre 2025
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    Beyrouth au coucher du soleil. Illustration crédit @Beyrouth360
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    Mais de quelle paix parle-t-on exactement ? De celle qui annonce un inconnu tissé d’injustices et d’oppression ?
    Une paix biaisée, forcée, en est-elle réellement une ?

    Cette paix qui circule sur toutes les lèvres et dont tout le monde parle comme d’un dangereux syndrome. Comme si celle-ci ne pouvait être que négative, sournoise, perfide. Un piège qui se refermerait sur toutes et tous.
    Et comment ne pas le percevoir ainsi ce mot « paix » quand celui-ci est prononcé comme s’il ne pouvait s’agir que d’une inévitable sentence dont seule la communauté internationale connaitrait la véritable nature, le véritable dessein? Une sentence qui n’aurait pour objectif que de balayer d’un revers de drone une interminable liste de revendications régionales aussi justes que légitimes ?

    Mais de quelle paix parle-t-on exactement ? De celle qui annonce un inconnu tissé d’injustices et d’oppression ?
    Une paix biaisée, forcée, en est-elle réellement une ?
    Une paix faussée, fondée sur des critères erronés, peut-elle apaiser des cœurs et des esprits broyés par une longue et impitoyable série de drames historiques dans une région presque vouée à la tristesse ?

    Ainsi, les accords d’Abraham seraient voués à s’étendre à notre région, et plus particulièrement au Liban.

    D’aucuns s’en réjouissent déjà, certains y voyant même une victoire imminente et presque personnelle.

    Mais de quoi parle-t-on en réalité ?

    Comment comparer la situation économique, sociétale, sécuritaire et institutionnelle du Liban à celle, par exemple, des Émirats arabes unis ?
    Comment imaginer qu’un modèle ayant prospéré dans un État stable, riche, stratège, doté d’infrastructures solides, d’une économie diversifiée et d’une capacité réelle à attirer investissements et capitaux, puisse être transposé à un pays en faillite économique, à la monnaie effondrée, aux institutions paralysées et à la souveraineté fragmentée ?

    Un État failli, qui se refuse aux réformes, à tout compromis salvateur, vidé de ses ressources comme de ses cerveaux, encerclé par des équilibres géopolitiques qui n’ont jamais cessé de l’affaiblir. Oui, ce pays-là — le mien, le vôtre — devrait se réjouir de négociations presque imposées, dictées par des rapports de force qui lui échappent.

    Lélia Mezher

    Comment envisager, ne serait-ce qu’un instant, que ce qui fut perçu comme juste et jubilatoire pour une puissance régionale sûre d’elle-même puisse s’adapter à un pays aussi dépourvu que le nôtre ?

    Un État failli, qui se refuse aux réformes, à tout compromis salvateur, vidé de ses ressources comme de ses cerveaux, encerclé par des équilibres géopolitiques qui n’ont jamais cessé de l’affaiblir. Oui, ce pays-là — le mien, le vôtre — devrait se réjouir de négociations presque imposées, dictées par des rapports de force qui lui échappent.

    Mais alors, si l’on doit faire face.
    Si l’on n’a pas le choix.
    Si cette situation venait à s’imposer durablement, sans retour possible, alors montrons-nous à la hauteur de notre réputation d’intelligentsia du Moyen-Orient.
    À la hauteur de nos compétences, de nos esprits critiques, de nos cerveaux toujours en quête de plus.

    Permettre au Liban de revenir à la table, non plus comme un terrain de conflits par procuration, mais comme un acteur — affaibli certes, mais encore capable de négocier son avenir.

    Lélia Mezher

    Car nier par simple principe les avantages potentiels d’une telle signature relèverait aussi de l’aveuglement.
    Car une paix, même imparfaite, peut ouvrir des brèches là où l’asphyxie est devenue totale.

    Pour le Liban, dans un État exsangue, privé de liquidités, de confiance et de crédibilité, une certaine normalisation pourrait représenter non pas une solution, mais une fenêtre, étroite et fragile, vers une potentielle reconstruction institutionnelle et financière.

    Elle pourrait enfin permettre au Liban de revenir à la table, non plus comme un terrain de conflits par procuration, mais comme un acteur — affaibli certes, mais encore capable de négocier son avenir.

    Mais ces avantages ne valent que sous une condition essentielle: qu’ils ne soient pas le prix du renoncement, de l’humiliation.
    Qu’ils s’inscrivent dans un cadre clair, équitable, respectueux des spécificités libanaises et des blessures historiques de la région.

    Montrons-nous à la hauteur du moment.
    De ce tournant que l’on nous somme de considérer comme historique.

    beyrouth crise financiere faillite hezbollah israel lelia mezher liban
    Lelia Mezher
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