Pour Beyrouth, l’espoir est-il à jamais perdu? Énième atterrissage à l’aéroport Rafic Hariri de Beyrouth, énième bleu au cœur, comme à chaque fois.
Ce qui change au fil des années, c’est l’expectative. Savoir que la nostalgie va nous prendre aux tripes, que les larmes vont inévitablement monter aux yeux, mais que, comme un professionnel du désespoir et de la tristesse, ces émotions vont être balayées comme l’on chasserait une pensée embarassante et encombrante. Comme si ces émotions n’avaient desormais plus lieu d’être. Comme si Beyrouth ne méritait même plus notre tristesse. Comme si Beyrouth ne méritait plus une larme. Qui de nous ou de cette capitale centre ultime de nos fantasmes et de nos espoirs collectifs mille fois déçus, a plus abandonné l’autre? Une ville n’est- elle pas faite de ceux qui l’habitent, la construisent … ou la detruisent?
Que dire d’une ville dont les habitants feignent de ne plus avoir qu’une seule et unique religion, celle du désespoir mais qui, de manière totalement bipolaire et irrationnelle, continuent de s’y investir, faisant fi des prévisions les plus alarmistes. Ils y inaugurent boutiques, maisons d’hôtes, galeries d’art comme si la prospérité n’était qu’à un coin de rue. Comme si l’espoir, pour exister, n’avait besoin que d’être provoqué.
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Jeudi 10 Septembre
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