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Auteur/autrice : Charbel Abou Jaoudeh
L’incertitude, au Liban, n’est plus une phase passagère mais une réalité durable qui redéfinit en profondeur les modes de vie et de travail. Face à un horizon raccourci et des repères instables, individus et organisations s’adaptent en continu pour maintenir l’activité. Entre ajustements permanents et résilience quotidienne, c’est toute une société qui apprend à avancer autrement. Au Liban, l’incertitude n’est plus temporaire : elle s’est installée et devient synonyme de style de vie. Elle ne se limite plus aux grandes échéances ni aux périodes de tensions. Désormais, elle façonne le quotidien, les décisions et les comportements, souvent de manière silencieuse.…
Au Liban, reconstruire est presque devenu un réflexe national. Après chaque guerre, chaque crise ou chaque catastrophe, les villes sont rebâties, les routes réparées, les immeubles restaurés. Mais derrière la reconstruction de la pierre demeure une question essentielle : combien de fois un pays peut-il se relever sans reconstruire aussi sa société ? Depuis la fin de la guerre civile en 1990, le Liban semble condamné à un cycle récurrent de destruction et de reconstruction. À chaque crise majeure, le pays se relève, rebâtit ses infrastructures, répare ses routes, restaure ses immeubles… avant d’être à nouveau confronté à une autre…
Et si le mérite ne suffisait plus ? Au Liban, une génération entière s’interroge sur la valeur réelle de l’effort dans une société où l’avenir semble dépendre autant des connexions que des compétences. Ils ont étudié, travaillé, excellé. Pourtant, beaucoup de jeunes Libanais peinent à transformer leurs efforts en perspectives concrètes. Au fil de mes échanges avec des étudiants, de jeunes diplômés et de jeunes professionnels au Liban, une question revient avec insistance, presque comme une inquiétude sourde : le mérite a-t-il encore une valeur réelle dans notre société ? Et surtout, permet-il encore une véritable progression sociale ? Cette…
L’histoire du Liban est marquée par de violents tremblements de terre, notamment en 551, 1202 et 1759, qui ont causé d’importantes destructions. Le principal danger ne vient pas seulement du séisme, mais de l’état des constructions. Le Liban dispose de nombreuses compétences en ingénierie civile et parasismique, formées localement et à l’étranger. Leur mobilisation permettrait non seulement d’améliorer la sécurité publique, mais aussi de créer des milliers de missions techniques et d’emplois qualifiés dans un contexte économique difficile. Ces derniers jours, plusieurs secousses sismiques ont été ressenties au Liban, ravivant l’inquiétude de la population. Si la plupart étaient de faible…
Au Liban, l’université ne doit plus se limiter à délivrer des diplômes. Dans un contexte de crise où l’enseignement supérieur a trop souvent privilégié la quantité à la qualité, il s’agit de former des citoyens capables de penser l’intérêt général, de servir les institutions et de contribuer à la reconstruction durable du pays. L’université ne devrait pas être une usine à diplômes. Elle devrait être un lieu où se construit le sens des responsabilités. Au Liban, comme dans de nombreux pays en crise, l’enseignement supérieur s’est progressivement enfermé dans une logique quantitative : diplômer toujours plus, former toujours plus vite,…
La reconstruction d’un pays ne commence pas par le béton, mais par les institutions, la compétence et la confiance. Pendant trop longtemps, le Liban a confondu reconstruction et improvisation. Des projets ont été lancés sans vision globale, des politiques publiques ont été fragmentées, et l’ingénierie a été réduite à une simple fonction d’exécution. Dans le même temps, l’université s’est souvent trouvée déconnectée des besoins réels du pays, formant sans toujours préparer à servir l’État, les collectivités ou l’économie nationale. Or, un État moderne et souverain repose sur trois piliers indissociables : des universités solides, des ingénieurs compétents et une gouvernance…
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