Un spectacle qui relie passé et futur avec intelligence et émotion. Turing fut un maillon essentiel dans la naissance de l’informatique et de l’intelligence artificielle. Les questions qu’il posait — sur la pensée des machines, leurs “ressentis” possibles — sont aujourd’hui au cœur des débats technologiques.
À l’occasion de son retour au Liban avec La Machine de Turing, spectacle multirécompensé et salué à l’international, Benoit Solès retrouve un public qu’il considère comme une famille. Après le succès de Rupture à Domicile, il revient incarner Alan Turing — visionnaire, père de l’informatique moderne et figure tragique du XXᵉ siècle.



Beyrouth, une fidélité
Son premier passage à Beyrouth reste « merveilleux ». Il y jouait entouré de proches collaborateurs, sous la direction de Tristan Petitgirard.
Aujourd’hui, il revient avec Antoine Ferey et retrouve « une famille ». Il garde le souvenir d’un public chaleureux, avide de rire. Si La Machine de Turing explore un destin plus grave, l’humour — parfois burlesque, parfois britannique — ouvre toujours la voie à l’émotion.
Une pensée prophétique
Turing fut un maillon essentiel dans la naissance de l’informatique et de l’intelligence artificielle. Les questions qu’il posait — sur la pensée des machines, leurs “ressentis” possibles — sont aujourd’hui au cœur des débats technologiques.
Ce qui faisait sourire à l’époque inquiète désormais. La pièce prend ainsi une dimension nouvelle, notamment pour les jeunes générations qui découvrent les origines du monde numérique qu’elles habitent.
Mémoire et émotion
Pour Benoit Solès, le théâtre n’a qu’un devoir : ne pas ennuyer. Pourtant, La Machine de Turing porte une dimension politique et humaine forte : réhabiliter un homme condamné pour sa différence et rappeler son rôle décisif dans le décryptage d’Enigma pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le succès — quatre Molières, huit saisons à Paris, des tournées internationales — tient sans doute à l’émotion : comprendre la naissance de l’informatique, assister à une page sidérante de l’Histoire, voir un homme s’affirmer, quoi qu’il en coûte.
Ce que Turing lui a appris
Après plus de 1300 représentations, incarner Turing a appris à l’acteur la rigueur et l’endurance. Mais surtout le courage et la lucidité.
« Il faut regarder nos propres différences avec courage, et celles des autres avec curiosité et bienveillance. »
Une phrase qui résume l’esprit du spectacle — et sa troublante actualité.
Informations pratiques
La Machine de Turing
Une pièce de Benoit Solès
Inspirée de Breaking the Code de Hugh Whitemore
Basée sur Alan Turing: The Enigma d’Andrew Hodges
Avec Benoit Solès et Antoine Ferey
Mise en scène : Tristan Petitgirard
📍 26, 27, 28 février 2026 – 20h30
📍 Théâtre Le Monnot
🎟 Billets : Antoine ou au théâtre – 70 626 200
