L’exposition « Divas, d’Oum Koulthoum à Dalida », a été inaugurée au Musée Sursock le vendredi 17 octobre 2025. D’Oum Kalthoum à Warda al-Jazaïria, d’Asmahan à Fayrouz, de Laila Mourad à Samia Gamal, en passant par Souad Hosni, Sabah sans oublier la toute jeune Dalida, l’exposition se veut un fabuleux voyage au cœur des vies et de l’art de ces chanteuses et actrices de légende.



Cette exposition conçue par l’Institut du Monde arabe (IMA) à Paris et qui a été inaugurée en 2021 en France, en pleine période de pandémie du Covid-19, en est à sa quatrième station.
Après Paris, Amsterdam, et Amman, Divas fait sa halte à Beyrouth jusqu’au 11 janvier 2026.
L’inauguration de l’exposition s’est tenue en présence de Jack Lang, président de l’IMA, et de nombreux officiels libanais dont les ministres Tarek Mitri,Ghassan Salamé et Laura Lahoud. Fidèle à sa réputation de musée moderne, le Musée Sursock a également organisé pour l’occasion, une soirée ouverte à tous, au cours de laquelle un DJ a joué des tubes orientaux et de la musique fusion.
« Avec cette exposition, l’Institut du monde arabe rend un hommage unique aux plus grandes artistes féminines de la musique et du cinéma arabe du XXe siècle, avec une exposition-événement qui célèbre à la fois leur histoire et leur héritage contemporains. ‘Divas, d’Oum Kalthoum à Dalida’ dresse les portraits épiques et étonnants des divas de l’âge d’or de la chanson et du cinéma arabes, à travers un parcours abondamment nourri de photographies d’époque, souvent inédites, d’extraits de films ou de concerts mythiques, d’affiches cinématographiques au graphisme glamour, de magnifiques robes de scène, d’objets personnels et d’interviews rares », souligne Karina el-Hélou, directrice du Musée Sursock.
D’Oum Kalthoum à Warda al-Jazaïria, d’Asmahan à Fayrouz, de Laila Mourad à Samia Gamal, en passant par Souad Hosni, Sabah sans oublier la toute jeune Dalida, l’exposition se veut un fabuleux voyage au cœur des vies et de l’art de ces chanteuses et actrices de légende, mais également une exploration des changements profonds qu’elles ont portés. Icônes intemporelles, femmes puissantes, symboles adulés dans les sociétés arabes d’après-guerre, ces divas aux carrières exceptionnelles s’imposent du Caire à Beyrouth, du Maghreb à Paris, incarnant une période d’effervescence artistique et intellectuelle, une nouvelle image de la femme, ainsi que le renouveau politique national qui s’exprime du début des années 1920, notamment en Égypte, jusqu’aux années 1970.
L’exposition qui présente une très riche documentation, et 17 robes portées par ces divas nécessite plusieurs heures pour en faire le tout. A retenir aussi de nombreuses archives de Télé Liban et trois interviews de Fayrouz.
L’exposition couvre une période qui commence dans les années vingt du siècle dernier, note Karina el-Hélou, « C’est le début du féminisme au Caire, à l’époque d’Assia Dagher, Rose el-Youssef et Badia Massabni. Ce sont des femmes qui ont représenté le monde arabe en tant que pionnières. Ensuite, on découvre Oum Koulthoum, avec son grand rayonnement sur le monde arabe, qui coïncide avec la période du pan-arabisme, marqué par le mandat du président égyptien Gamal Abdelnasser », ajoute-t-elle.
Le « Nilwood », le Hollywood d’Egypte
L’exposition met en lumière, à travers ces divas, l’histoire sociale des femmes arabes et la naissance du féminisme au sein de ces sociétés patriarcales, leur participation au panarabisme et aux luttes d’indépendance dans les contextes de la colonisation et de la décolonisation, et – avant tout – leur rôle central dans les différents domaines artistiques qu’elles ont contribué à révolutionner.
Karina el-Hélou met l’accent sur le « Nilwood », en référence au fleuve du Nil qui traverse l’Egypte. Il s’agit du pendant égyptien du Hollywood américain, explique-t-elle. Ce sont donc les productions cinématographiques du « Nilwood » et le succès des comédies musicales égyptiennes qui consacrent les divas/actrices telles que Laila Mourad, Samia Gamal, Sabah, Tahiyya Carioca, Hind Rostom, Faten Hamama, Souad Hosni ou Dalida. « C’est une section qui dévoile les actrices du cinéma égyptien des années 60 », souligne-t-elle.
Pour l’édition libanaise de l’exposition, des sections spéciales ont étés ajoutées, notamment des archives relatives à Fayrouz. Dans la dernière partie de l’exposition qui met en valeur les regards d’artistes d’aujourd’hui sur ces divas, on trouve un film de Rania Stéphan, Les trois disparitions de Souad Hosni.
« Toutes ces femmes, malgré leur succès et l’adulation des foules ont vécu, sur le plan personnel de grandes tragédies », souligne en conclusion la directrice de Musée Sursock. Pour ne donner que quelques exemples, Sabah dont la mère a été tuée sous les yeux, Fayrouz qui a perdu deux enfants et qui est la mère d’un enfant malade, Souad Hosni et Dalida qui se sont suicidées et Asmahan qui a été assassinée.









