Sarah Ali, souvenez-vous bien de ce nom. C’est un jeune talent qui monte, elle ouvre samedi 30 août le concert de Amr Diab au Beirut Water Front Arena, devant 20 000 spectateurs.
Née à Dublin, d’un père libanais et d’une mère égyptienne, Sarah Ali, auteur compositeur et interprète, qui a grandi à Beyrouth et qui vit à Londres, a déjà enregistré dans la capitale anglaise quatre chansons originales avec le producteur Anthony Marshall (celui de JLo, Craig David).
Diplômée de SOAS, l’Université de Londres, en Lettres et Sciences Humaines Globales (Global Liberal Arts), elle se consacre entièrement aujourd’hui à sa carrière musicale.
Sarah Ali a d’ailleurs de qui tenir : Son arrière-grand-père paternel n’est autre que Mohammad Fleyfel l’un des deux frères Fleyfel (Mohammad et Ahmad), les musiciens qui avaient, entre autres, découvert Feyrouz toute jeune et l’avaient présentée aux frères Rahbani et qui ont à leur actif des centaines de mélodies dont l’hymne «Mawtini » et qui étaient fondateurs avec leur fanfare al-Afrah al-wataniya, du genre de la musique militaire au Liban.
Du côté maternel, son oncle est Omar Chakil, designer et compositeur franco-égyptien, ayant connu le succès sous le label Warner Music en France. C’est avec lui qu’elle co-écrit ses chansons.
La voix puissante et pure et dans une prononciation anglaise parfaite, en dépit de son jeune âge, Sarah apprécie un répertoire qui va de Barbara Streisand et Feyrouz à Madonna, Alicia Keys et Maria Carey, avec une préférence pour la pop musique et le Rythm and Blues. « Enfant, je faisais partie de la chorale de l’école (Le Collège protestant de Beyrouth) et j’avais des solos à tous les concerts. Je savais que la musique et la chanson seraient mon métier. Mes parents m’ont d’ailleurs encouragée dès mon plus jeune âge à faire ce que j’aime. Ils ont été d’un grand soutien moral, alors que des parents d’amis pensaient que “c’est bien comme hobby, mais ce n’est pas un vrai métier”. » D’année en année, Sarah accumule les prix, elle passe ses étés dans des stages à l’étranger dont une formation de plusieurs semaines dans la grande école d’art américaine Julliard.
Chanter à Beyrouth, c’est chanter à la maison

Sarah Ali qui se produira samedi devant 20 000 spectateurs n’est pas à son premier concert international. Il y a trois ans, elle a ouvert le concert de l’artiste américain John Legend, lors d’un concert à al-Sahel al-Chamali, luxueuse station balnéaire égyptienne.
Ce week-end sur scène, elle interprètera cinq chansons toutes originales (publiées et inédites ainsi qu’une reprise). Parmi elles, sa première chanson Crystallized Stranger qui est inspirée du livre de Stendhal, Le rouge et le noir.
Elle sera habillée, pour l’occasion, par la designer libanaise Yassmin Saleh.
« Je tenais absolument à être habillée par une créatrice libanaise pour ce concert.
En découvrant la page Instagram de Yassmin Saleh, je suis immédiatement tombée sous le charme de ses créations. Dès notre première rencontre, Yassmin a su capter ma vision : celle d’une guerrière d’amour. Le choix s’est imposé de lui-même : une longue jupe blanche, un top court rose pâle inspiré de la danse orientale, orné de roses brodées, qui sont mes symboles voire mes emblèmes. C’est une tenue à la fois forte et puissante, mais aussi sensuelle et féminine », explique-t-elle.
Pour elle, se produire à Beyrouth revêt un caractère spécial. «Chanter à Beyrouth c’est comme si je chantais à la maison, j’y mets un morceau de mon coeur. Cet été au Liban, à mon retour de Londres, a été pour moi un moment de réconciliation avec Beyrouth et le Liban : un souffle d’espoir et d’énergie positive. À travers ma voix, j’aimerais inviter les Libanais à s’envoler, au-delà de nos peurs et de nos problèmes », souligne-t-elle en conclusion.
