Qu’attendons-nous encore ? Est-ce notre addiction à cette sempiternelle théorie du complot, à ces « il paraît que », qui nous font croire, encore et malgré tout, en dépit de tout, qu’une autre issue est possible ?
Qu’attendons-nous encore ? Quelle partie du film – qui n’en était pas un – n’est-elle pas claire ? Le décor, planté depuis bien longtemps déjà, commence d’ailleurs à se faire sentir quelque peu désuet. A la différence de la plupart des films américains, le héros n’est plus là. Il a perdu. Il a été tué.
Et celui qui le remplace désormais ne crève pas l’écran, loin de là.
Qu’attendons-nous encore ? Est-ce notre addiction à cette sempiternelle théorie du complot, à ces « il paraît que », qui nous font croire, encore et malgré tout, en dépit de tout, qu’une autre issue est possible ? Ou bien est-ce notre addiction – peut-être incurable, celle-ci – à cette dose d’adrénaline reconnaissable entre mille, quand vient le moment de s’emparer de la télécommande pour « voir ce qui se passe », alors que notre capitale se fait, une fois encore, pilonner…
Qu’attendons-nous encore ?
Sommes-nous devenus à ce point blasés, insensibles, paralysés du cœur et de l’esprit, au point de ne pas être capables, malgré les morts, malgré la destruction, malgré les tas de gravats, malgré les drones qui errent en permanence au-dessus de nos têtes, de reconnaître une réalité qui s’impose à nous un peu plus chaque jour ?
Sommes-nous si déconnectés du réel au point de le confondre avec le virtuel addictif de nos réseaux sociaux ?
Qu’attendons-nous encore ?
Sommes-nous dans le déni le plus total que nous faisons fi de notre situation géographique et notre poids militaire dans la région ? Sommes-nous devenus spectateurs de notre propre vie ?
Ne sommes-nous devenus que spectateurs dans notre propre pays, au point de ne même plus être capables de réaliser qu’il existe une autre issue, un autre chemin possible qui ne serait pas, celui-là, parsemé de mort et de destruction ?
À quoi sert une démonstration de force lorsque cette dernière n’est plus qu’une illusion ? La mort, elle, n’en est pas une. Ni la destruction. Ni les avions qui décollent et atterrissent entre deux missiles.
Tous spectateurs que nous sommes devenus, nous aurons été avertis.
