En novembre, la capitale libanaise accueillera Beyrouth I, une conférence économique d’un nouveau genre. Contrairement aux précédentes rencontres internationales — telles que Paris III — qui visaient principalement à mobiliser dons et prêts pour soutenir le Liban, Beyrouth I se distingue par une ambition claire : attirer des investissements directs étrangers et positionner le pays comme une destination crédible et attractive pour les capitaux internationaux.
Un changement de paradigme
L’appellation « Beyrouth I » n’est pas anodine. Elle marque une rupture avec la logique d’endettement et de dons qui a longtemps caractérisé les conférences internationales de soutien au Liban. L’objectif n’est plus de combler les déficits grâce à l’aide extérieure, mais de mettre en valeur les réformes engagées par le gouvernement et de stimuler une dynamique d’investissement durable.
Des réformes et des projets structurants
Conscient des défis considérables qui pèsent sur l’économie libanaise, le gouvernement insiste sur la nécessité de réformes profondes afin d’instaurer un climat favorable aux investisseurs. À l’occasion de Beyrouth I, plusieurs méga-projets dans le secteur des infrastructures seront présentés et ouverts à des financements mixtes, associant capitaux publics et privés.
Un horizon ambitieux : doubler le PIB en 10 ans
Le ministre de l’Économie, Amer Bissat, a fixé un cap stratégique : doubler le produit intérieur brut du Liban en dix ans. Pour atteindre cet objectif, le pays devra attirer un flux annuel d’investissements estimé à 10 milliards de dollars par an sur la décennie à venir :
- 20 % des financements devraient provenir du secteur public ;
- 80 % seraient mobilisés auprès du secteur privé, national et surtout international.
Mettre le Liban sur la carte mondiale des investisseurs
À travers cette conférence, l’ambition est claire : inscrire le Liban sur la carte mondiale des investissements et démontrer que le pays peut redevenir une place attractive malgré les crises récentes. Le gouvernement espère ainsi instaurer une dynamique de confiance et, dès l’année prochaine, poser les bases d’une nouvelle édition : Beyrouth II.
Une conférence fondatrice
Beyrouth I se veut bien plus qu’un événement ponctuel : il s’agit d’une étape fondatrice vers une stratégie de développement durable et d’ouverture économique, où le partenariat avec les investisseurs privés joue un rôle central. L’enjeu est double : moderniser les infrastructures et relancer durablement la croissance, au bénéfice des citoyens libanais et de la stabilité régionale.
Personne n’ignore l’ampleur des obstacles : crise institutionnelle, lenteur des réformes, déficits structurels. Pourtant, le Liban conserve des atouts majeurs qui en font un terrain d’opportunités :
- Une main-d’œuvre qualifiée et compétitive, à des coûts relativement bas ;
- Une population résiliente et entrepreneuriale, capable d’innover et de s’adapter ;
- Une position géographique stratégique, au carrefour de l’Orient et de la Méditerranée.
Enfin, un autre axe appelé à devenir incontournable dans les conférences futures sera l’intégration du développement durable. La croissance économique, pour être viable, doit aller de pair avec la préservation de l’environnement, un enjeu longtemps négligé au Liban.
