SPECIAL OIF – Réunis dans la capitale libanaise, entrepreneurs africains et libanais ont multiplié les rencontres B2B, donnant naissance à 18 accords stratégiques dans les secteurs du numérique, du pharmaceutique, de la cosmétique et de l’agro-alimentaire. Une dynamique francophone qui transforme Beyrouth en plateforme d’innovation et de coopération économique.
Le long d’un après-midi, des rencontres Business to Business (B2B) se sont tenues lors de la mission économique et commerciale de retour pour faciliter la coopération entre ceux qui se sont déplacés jusqu’à Beyrouth et les commerçants, industriels et experts libanais.

Trois importants secteurs étaient mis en avant, l’agro-alimentaire, l’industrie pharmaceutique et la cosmétique ainsi que les nouvelles technologies. Il y avait aussi, le transfert des connaissances et les formations.
En tout 18 protocoles d’accord et lettres d’intentions ont été signés. Les signataires viennent notamment de la Tunisie, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et de Madagascar.
« Nous avons une langue en commun qui facilite la communication et aussi des valeurs véhiculées par cette langue. Le Liban et le Madagascar sortent actuellement d’une crise. Les Libanais sont résilients et ont le savoir-faire et les compétences dont nous manquons parfois »
Andry Rabemanantsoa
Sopharmad est une entreprise du Madagascar représentée par Andry Rabemanantsoa. Elle est spécialisée dans la distribution des produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques. « Nous avons une langue en commun qui facilite la communication et aussi des valeurs véhiculées par cette langue. Le Liban et le Madagascar sortent actuellement d’une crise. Les Libanais sont résilients et ont le savoir-faire et les compétences dont nous manquons parfois. Mais nous avons la matière première, surtout pour les cosmétiques et les médicaments. Le Madagascar est connu pour ses plantes aromatiques et médicinales, les minerais, les huiles essentielles. La vanille et le poivre de Madagascar sont connus dans le monde entier. 60 % des plantes malgaches sont endémiques. », dit-il.
Sophamard a signé avec de nombreuses entreprises libanaises, notamment L’atelier du Savon Barbar, représenté par Pierre Nacouzi et les laboratoires du Dr. Elias Saab pour le secteur cosmétique ainsi que Benta et Pharmaline pour l’industrie pharmaceutique.
Kerkenissa, un atelier tunisien, spécialisé dans la fabrication des huiles essentielles, représenté par Safa Kerkeni, a également signé divers protocoles avec les industries cosmétiques.
Safa Kerkeni, qui fabrique elle-même dans une petite entreprise familiale, ses huiles essentielles, a toujours voulu établir un contact avec les entreprises libanaises. Lors de la mission de 2023, elle s’est rendue à Beyrouth tâter le terrain et explorer le marché. Consciente du potentiel qui existe, elle est revenue deux ans plus tard au Liban, exposant de petites fioles aux produits purs dont les fabriquants de cosmétiques ont crucialement besoin.
Dans le secteur du numérique, Paiement Pro est la première plateforme de paiement sécurisé en ligne en Afrique francophone. Créé par une femme ivoirienne, Rukayatou Oyediran, elle englobe dix pays, notamment la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Mali, le Niger, la Guinée du Sud, le Cameroun et le Tchad.

« L’idée était de permettre à tout Africain de payer en ligne sans avoir à se déplacer. Pour moi l’Afrique doit avoir sa propre plateforme de paiement »
Rukayatou Oyediran
Rukayatou Oyediran, qui est à la base informaticienne, a lancé son entreprise il y a cinq ans. « L’idée était de permettre à tout Africain de payer en ligne sans avoir à se déplacer. Pour moi l’Afrique doit avoir sa propre plateforme de paiement. Je voulais le Alibaba de l’Afrique. C’est un projet immense. Pour commencer, pour sécuriser le projet, sa structure a été déclarée et enregistrée aux Etats-Unis. Il a fallu ensuite former les marchands africains à la livraison en ligne, qu’elle doit par exemple se faire tout de suite. Aussi, le client qui achète sait désormais qu’en cas de litige, il peut s’adresser à nous, que l’argent ne sera pas perdu. Pour moi, le plus difficile en créant cette plateforme était de convaincre les banques. Il a fallu aussi former les commerçants. Je me rappelle, en 2022, j’ai dispensé gracieusement des stages à près de 700 femmes commerçantes. Au début, j’ai commencé seule, actuellement l’entreprise compte quinze personnes dont 70 % de femmes », raconte-t-elle.
« Nous allons construire un pont entre l’Afrique francophone, notamment la Côte d’Ivoire et le Liban pour que la diaspora libanaise puisse acheter des produits du Liban et être payée, rémunérée là-bas et vice-versa »
Ilda Nahas

Paiement Pro a signé deux accords de partenariat dont l’un avec Crealine représentée par Ilda Nahas.
« Nous allons construire un pont entre l’Afrique francophone, notamment la Côte d’Ivoire et le Liban pour que la diaspora libanaise puisse acheter des produits du Liban et être payée, rémunérée là-bas et vice-versa. Et si jamais les Libanais sont intéressés par des produits africains, aussi, nous pourrons les mettre en contact. Comme d’habitude pour les exports, nous travaillerons simplement avec DHL. J’ai appris aussi que Paiement Pro a besoin d’une entrée vers l’Europe. Donc, aussi, je vais la mettre en contact avec des partenaires européens pour les paiements sécurisés. C’est que Crealine est assez bien connectée en Europe pour tout ce qui est e-payment. Nous allons aussi les soutenir à bâtir leur microcrédit sur leur plateforme, les aider pour qu’ils utilisent une partie de leurs gains afin de créer un fonds, entamer des partenariats avec des institutions de microfinance et mettre en avant leur base de données », note Ilda Nahas qui a également signé un protocole d’accord avec Dija Services du Sénégal représenté par Khadidiatou Ndoye et qui est spécialisé dans le placement et la formation des femmes.
