A l’occasion du 14 juillet, l’ambassadeur de France au Liban, Hervé Magro, a tenu une réception au Palais des Pins.
Plusieurs centaines de personnes ont pris part à l’évènement. Il y avait les officiels bien sûr mais aussi des amis et des partenaires de la France au Liban et des binationaux.
Ghassan Salamé ministre de la Culture, a représenté le président de la République et le Premier ministre. Mahmoud Berry a représenté le chef du Parlement Nabih Berry.
Voice de larges extraits de l’allocution de l’ambassadeur de France.
« Je tiens tout d’abord à remercier Sarah Kattar, étudiante en médecine à l’USJ, pour son interprétation des hymnes nationaux libanais et français. A travers elle, c’est l’occasion de marquer les 150 ans de cette prestigieuse université, symbole de la profondeur de la relation entre nos deux pays, à laquelle nous ne pouvons que souhaiter le meilleur pour les 150 ans à venir au service d’une jeunesse libanaise qui reste au cœur de nos préoccupations.
« En effet, alors qu’un véritable espoir est né depuis l’élection présidentielle, plus que jamais, c’est à cette jeunesse qu’il nous faut penser. Il y a eu ces dernières années une succession de crises, l’effondrement économique, l’explosion sur le port de Beyrouth, la guerre et donc la lassitude, le désespoir, la colère, la déception. Rester ? partir ? revenir ? quand et pour quoi faire ? Bien entendu, il faut que cette jeunesse continue à parcourir le monde, à faire rayonner la culture et le message libanais dans le monde. (…) A cet égard je ne peux que me réjouir du fait que la France reste la première destination de mobilité étudiante pour les Libanais, avec actuellement 11 000 étudiants.
« Nous avons toutes et tous enduré de nombreuses épreuves depuis que nous nous sommes vus il y a un an ici même. Déjà plongé dans une crise économique et financière d’une ampleur sans précédent, le Liban a connu l’extension et l’intensification de la guerre. J’ai bien entendu une pensée particulière pour nos compatriotes quel que soit l’endroit où ils résident, qui ont été particulièrement éprouvés par le conflit. Certains d’entre vous ont été déplacés, ont perdu leur logement. Deux de nos compatriotes ont perdu la vie dans l’effondrement de leur habitation des suites des frappes israéliennes, en septembre dernier. Je pense à leur famille et à leurs proches.
« Ce moment est aussi un moment d’espoir. Nous avons vécu ces derniers mois des évènements positifs et attendus de longue date : l’élection d’un Président de la République, à laquelle Jean-Yves Le Drian a beaucoup œuvré, ainsi que la nomination d’un Premier ministre et d’un gouvernement. Certains, y compris parmi ceux qui étaient à sa place précédemment, estiment déjà, au bout de cinq mois seulement, que ce gouvernement n’a pas fait assez pour engager les réformes nécessaires à la reconstruction de l’Etat libanais. Sans doute est-ce dû à l’impatience légitime de la population, et je ne suis pas ici pour défendre un bilan mais de nombreux chantiers ont d’ores et déjà été lancés (…).
Nous appuyons pleinement les efforts de l’ambassadeur américain Tom Barrack et sommes déterminés à travailler ensemble en faveur de la souveraineté, de la stabilité et de la reconstruction du Liban.
« Car les défis ne manquent pas tant sur la question du monopole des armes par l’Etat, du volet des réformes, du renouvellement du mandat de la FINUL ou encore de l’environnement régional. Nous sommes pleinement engagés sur tous ces fronts aux côtés de nos amis libanais (…). Nous soutenons également pleinement l’objectif des autorités libanaises d’atteindre le monopole complet du contrôle des armes sur l’ensemble du territoire. Chacun doit comprendre que les temps ont changé et qu’une nouvelle ère doit s’ouvrir pour ce pays qui a tant souffert. Nous appuyons pleinement les efforts de l’ambassadeur américain Tom Barrack et sommes déterminés à travailler ensemble en faveur de la souveraineté, de la stabilité et de la reconstruction du Liban. Il peut compter sur notre détermination à y contribuer sur de nombreux points.
« Mais nous ne pouvons non plus oublier l’importance de mener à bien les réformes économiques et financières trop longtemps repoussées (…). La reprise des discussions avec le FMI est un signal positif et le vote en avril dernier de la loi sur la levée du secret bancaire a constitué un premier pas concret. (…)
Sans justice il n’y a pas d’Etat de droit possible. Je salue à cet égard les avancées accomplies dans ce domaine y compris concernant l’emblématique enquête sur l’explosion du port dont nous ne pouvons qu’espérer l’achèvement cette année.
« Nous soutenons la Banque Mondiale, qui a présenté un projet de fonds de reconstruction de 250 millions de dollars, et avons annoncé notre disponibilité à y contribuer lorsque les réformes attendues seront adoptées, notamment la loi de résolution bancaire, toujours à l’examen au Parlement, comme la loi sur la Justice. Sans justice il n’y a pas d’Etat de droit possible. Je salue à cet égard les avancées accomplies dans ce domaine y compris concernant l’emblématique enquête sur l’explosion du port dont nous ne pouvons qu’espérer l’achèvement cette année.
« Nous sommes également toujours disposés à organiser une conférence sur le redressement du Liban à Paris à l’automne. Mais la communauté internationale ne viendra plus à son chevet comme par le passé sans engagements clairs en faveur des réformes. Au-delà d’un accord technique avec le FMI, qui permettra au Liban de retrouver toute sa place dans la communauté financière internationale, le vote de la loi de répartition des responsabilités de la crise bancaire est une nécessité absolue.
« De même, il me semble indispensable d’être particulièrement vigilants à l’évolution de la situation en Syrie dont il faut absolument prévenir tout impact négatif sur le Liban. Il faut également que les Libanais se mettent en ordre de marche pour accompagner le relèvement de la Syrie qui offrira, j’en suis sûr, de nombreuses opportunités lorsque la reconstruction sera lancée, tant pour permettre le retour des Syriens chez eux qu’au Liban de contribuer à ce redressement et donc d’en bénéficier. L’alternative est malheureusement que le Liban reste un spectateur passif de cette relance alors qu’il aurait pu jouer un rôle de premier plan.
« Je souhaiterais enfin réaffirmer ici notre soutien à la sécurité de ce pays. Aux forces armées libanaises bien entendu mais plus largement, avec l’Union Européenne, aux forces de sécurité, la sûreté générale et les forces de sécurité intérieure, qui luttent contre le crime organisé et le terrorisme dans des conditions extrêmement difficiles. Nous poursuivrons également notre appui à la défense civile libanaise durement touchée durant le conflit, qui doit faire face à de nombreuses missions difficiles, du fait notamment d’une saison de feux de forêts précoce et qui s’annonce intense en raison d’une sécheresse importante et de conditions météorologiques défavorables.
« Notre engagement pour la paix au Sud-Liban au travers de la FINUL y contribue également. Ce matin, pour la première fois, un contingent composé de soldats français et finlandais de la Force Commander Reserve a défilé sur les Champs Elysées en reconnaissance de leur engagement constant aux côtés du Liban ».
